Nous n’étions plus là

 

On les a porté ces bourgeons qui fleurissent à l’intérieur

On l’a refait cent fois ce petit lit de feuilles au-dedans

où venait boire son sang l’innocente bête

 

Puis tout prit le grain de l’ombre

 

S’éclairant d’abeilles la lumière nous chercha

parmi les venins et les corolles

parmi les grands silences terribles

 

Nous n’étions plus là

mais dans des maisons de cendre

habitées par de bienveillantes fumées

Elles seules savaient nous dire

la branche à rajeunir

l’œuf à dépoussiérer

et l’étoile à polir

 

Car oui

nous étions enfants des flamboiements

Et l’émerveillement fut toujours le même

de voir à l’aube l’océan jeté ses coquilles

sur la motte écarlate du jour

sortant de terre

6 réponses sur “Nous n’étions plus là”

  1. Éclaircie dit :

    Je vois là un ou des enfants, dans leurs découvertes les plus belles et les plus sombres aussi.
    Un contraste entre le sombre et la lumière, plus je lis plus j’aime…plus je savoure et de bon appétit.;-)

  2. josy01 dit :

    grande émotion
    pour ce superbe poème…

  3. Orgue-rouge dit :

    Euh! Je crois que tu chauffes, Eclaircie (comme dans ce jeu d’antan).
    Oui, c’est un clair-obscur.

    Merci pour ton ressenti, josy01.

    Merci à vous.

  4. OulRa dit :

    Profond-tendre ce petit jour où naît le monde…
    J’adore ce poème d’alchimiste où les mots donnent à voir et à goûter, comme un feldpathe sur la langue.
    Merci O-r !

  5. Orgue-rouge dit :

    J’aime beaucoup ton « profond-tendre », en écho au clair-obscur.
    Et c’est vrai qu’on creuse des petites galeries à l’intérieur de soi, pour tenter de remonter des minerais.
    Merci à toi, OulRa.

  6. Kiproko dit :

    Il y a toujours un petit enfant qui sommeille en nous…Des brisures de tendresse qui nous chuchotent les refrains de l’innocence.

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