Les nénuphars meurent sous les pavés

Et puis leur tronc drapé de soieries roses

Les arbres valsent autour d’un feu amical

Là-haut la lune souffre des dents

Elle qui aimait aimer l’astre diurne

Qui a fait ses bagages pour quelques jours

Alors les forêts dansent et chantent

Des nuées d’oiseaux de toutes sortes

Volent le plus haut possible

Avec dans leur bec trilles et fleurs

Une tête sur un corps
Quand les éclairs se sont éteints
(Il n’y avait pas d’orage)
Saisit ses mains
Croisées à la fenêtre
Pour s’assurer que les œufs sont au chaud
Dans la chevelure du vent
Les passants s’inquiètent de l’heure du déjeuner
Sur l’herbe des pieds égarés
Chantent l’alouette ou la girouette
Dans la gare les guichets se réfugient
Derrière les paupières restées ouvertes
Et les yeux deviennent ces deux nénuphars
Sur l’étang gelé

Tous les viaducs qui sortent de mon œil
Sont les reflets de lignes en désordre
Une hirondelle a fait son nid dans ma crinière
Et l’aile du néant chasse les météores
Loin de l’étoile fixe : un Lion que son orgueil
Oblige à traverser sans radeau la rivière
En nageant comme au ciel avec grâce une raie
La main ne saisit pas l’essentiel elle emporte
Quelques poils – la fourrure appartient au furet
Et le vent belliqueux qui la claque à la porte
Je me rendors  Un rêve inachevé
Trouve ma corde y suspend le pavé

Prendre des cailloux
Concevoir une œuvre d’art
Un Cheval sans oxer
Ça ne fait pas un pli
C’est le palais idéal
Celui qu’on se construit
Avec les galets menhirs de la nature
Ils attendent tous leur facteur
Savoir observer, ramasser
Il faut du génie, du temps, une brouette

4ZA84, Elisa, Eclaircie, Heliomel se sont promenés sur les viaducs, là où poussent les nénuphars et les pavés.

 

5 replies on “Les nénuphars meurent sous les pavés”

  1. josy01 dit :

    j’ai su
    observer
    traverser
    vos mots qui font naufrages dans mon jardin,

    et je repars
    ma brouette pleine de poésie..

  2. Éclaircie dit :

    Des animaux autour d’une forêt de nénuphars, le monde est étrange, le monde est beau, c’est le nôtre.
    N’oublions jamais notre brouette…
    Merci Josy d’avoir pousser la roue jusque là.

  3. Elisa-R dit :

    De la terre oubliée dans nos brouettes sortent parfois des viaducs qui mènent en poésie.

  4. Heliomel dit :

    Et les yeux deviennent deux nénuphars, j’adore!

  5. 4Z2A84 dit :

    L’adjectif « étrange » déjà employé dans un autre commentaire s’impose à propos de cette suite vraiment très…étrange.

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