Poème à la mouche

 

 

Une carpe au grand air

brillante et surdouée

commençait d’écrire un livre

Elle s’était amourachée du vent

qui lui tournait les pages

et qui par quelques remous

quelques courants légers sur les flancs

lui rappelait le bon temps

Elle écrivait ainsi toute la journée

affublée d’un pince-nez

préférant encore au parfum des fleurs

celui des vases

Après avoir lu tout ce qui s’était dit

elle entendait écrire tout ce qui n’avait pas été vu

la petite peau morte à l’aube

au coin de l’œil du grillon

les grands gestes clairs de la lumière

coulant entre les pierres

la pluie qui fait son nid

dans la haie de nuages

Cela lui demanderait de longs jours

de longues nuits hors de l’eau

L’eau dilue les sens disait-elle

Et les herbes riaient

5 replies on “Poème à la mouche”

  1. Elisa-R dit :

    Un souffle d’air frai(s)! Du titre au dernier vers, tout est charmant !

  2. Éclaircie dit :

    Les carpes ne disent rien mais n’en pensent pas moins.
    Comme l’herbe, j’ai souri.

  3. Orgue-rouge dit :

    Je n’ai lancé ces lignes que pour pécher quelques sourires.

    Elisa-R, Eclaircie, merci à vous.

  4. josy01 dit :

    mon front se lisse à cette fraicheur!

  5. Orgue-rouge dit :

    Merci beaucoup josy01.

    Pensez à l’oindre d’une petite crème, pour ne pas qu’il s’écaille.

    (°!*)

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