Le règne de l’éphémère

.

Quand nous aurons cessé de naître

Chaque jour pour nous mieux connaître

Vautrés dans l’herbe ou sur un drap

La nuit viendra

A pas menus aussi légère

Que la mémoire des amants

Dont les paroles mensongères

Sont mots charmants

Trop semés pour marquer l’esprit

Même celui qui les écrit

Doute d’eux – la vague en emporte

De toute sorte.

.

Le gros orteil droit fait de l’auto stop

Sur une voie de garage

Le train ne se détourne pas

Fier fumant, pressé de franchir le pont

Qu’il croit être un tunnel

Où il cacherait le petit mouchoir brodé

Dérobé à la veille d’une transhumance

À cette comtesse aux pieds nus

Ne craignant ni la banquise ni le cristal

Des lustres bien polis de première classe

Les mains remettent leurs socquettes

Le chef de gare agite son chapeau et crie

Pas même cinq minutes d’arrêt

Pour réchauffer le chausson

.

J’aimerais voir…

La mer morte avant qu’on ne l’enterre

Le pic du midi au crépuscule

Le ciel bleu des grenades oranges

Me prendre pour Saint-Louis

Toucher des écrouelles

Et dormir au pied de son île

Des carangues en calanques

Des châteaux framboise

Et des donjons de poche

Une guitare allongée sur le sable

Qui oublierait le règne de l’éphémère

.

 

« Les éphémères sortant des eaux » :

Héliomel, 4Z2A84 et Éclaircie

Elisa nous fait signe de l’autre côté de l’étang et va très vite plonger et nous rejoindre.

6 réponses sur “Le règne de l’éphémère”

  1. heliomel dit :

    les vagues qui font de l’auto stop sont toujours éphémères!

  2. 4Z2A84 dit :

    Formidable ce PPV ! A mon sentiment l’un des meilleurs.
    Elisa sait nager. Quand elle traverse le Pacifique les requins se disputent la gloire de figurer parmi son escorte (rassurez-vous, ils sont assez bien nourris pour rester dignes).

  3. Elisa Romain dit :

    Les requins ne sont pas très bavards mais qu’est-ce qu’ils nagent bien ! Bravo pour ce magnifiue PPV .

    Internet est de retour, il va falloir que je retrouve mes bonnes adresses …

  4. Fauchon dit :

    Je la verrais plutôt arriver debout, cambree
    sur le dos d’un dauphin, ou même sur deux, un pied sur chacun!

  5. Elisa-R dit :

    « Elisa ! oh, si tu voyais comme je suis heureuse de te retrouver ! » Si tu savais comme ce bonheur est partagé !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.