Roman

.Roman

 

 

Par l’interstice de la porte disjointe

Elle le regarde

Il est grand même assis

Parfois il se lève

Et marche

C’est drôle alors

Son cerveau ne le suit pas

Ou pas toujours

Parfois il s’échappe

Se cogne aux murs

Passe par la fenêtre

Lorsqu’elle est ouverte

Une curieuse fumerolle allume

Les réverbères surtout le jour

Pour que personne ne remarque

Je suis seule à les voir

Depuis mon soupirail

Ils sont là depuis toujours

Ou seulement depuis hier

L’ombre ne renseigne pas

Peut-être les mots

Lorsqu’il se rassoit

Les lettres sages deviennent des phrases

Et forment des livres

Qu’il me reste à relier.

 

 

14 réponses sur “Roman”

  1. Éclaircie dit :

    Dans son œil

    Dans son œil dont l’iris

    Ressemble à la lune au ciel encore pur avant la pluie

    Un peu flou et moiré par la brume du temps

    On peut voir les chevaux du manège

    S’échapper par la fenêtre ouverte sur le vent

    Ils remontent les avenues jonchées des feuilles aux nervures en relief

    Qu’ils font voler dans un ballet rythmé du bruit de leurs sabots

    Venant d’hier ou de demain

    D’un monde visible par les seuls passants immobiles

    Et les rêveurs les suivent les poches pleines des palets

    De toutes les marelles qui mènent au pied de l’arc-en-ciel

    Dont ils possèdent la clé pour s’y endormir

    Lorsque le vertige les assaille loin de leurs lits

    Tandis que leurs cheveux grandissent

    Abritant la fraîcheur de leurs songes

    Drapant les murs des grandes villes comme des villages

    De rubans multicolores assortis aux crinières

    On voit aussi les ombres des arbres qui sont devenus

    Ces meubles dont la patine est née des heures de veille et d’écriture

    La terre appelant le soleil pour un baiser qui embrase l’horizon

    Et toutes les rivières d’encre et d’eau pure

    Toutes les prairies les rues les chemins et les océans

    Les moindres pierres les cerceaux et les coquillages

    Les départs les retours les somnambules et les funambules

    Et les pages et les pages

    Celles qu’il a lues

    Celles qui lui restent à écrire

  2. 4Z2A84 dit :

    « Roman » et « Dans son œil » sont des compositions fascinantes. Elles débutent comme des fictions romanesques pour déboucher sur un univers fabuleux où l’on reconnaît ta marque. Mais comme merveilleusement renouvelée. Tu sembles quitter un quotidien plus ou moins sombre, une réalité inquiétante pour ce surréel dans lequel tu évolues comme le poisson en mer. Alors affluent images et sensations et nous t’accompagnons, incapables de résister à la dynamique du maelström. Une explosion de poésie !

  3. Éclaircie dit :

    Par les interstices de la porte disjointe

    Elle le regarde

    Il est grand même assis

    Parfois il se lève

    Et marche

    C’est drôle alors

    Son cerveau ne le suit pas

    Ou pas toujours

    Parfois il s’échappe

    Se cogne aux murs

    Passe par la fenêtre

    Lorsqu’elle est ouverte

    Une curieuse fumerolle allume

    Les réverbères surtout le jour

    Pour que personne ne les remarque

    Je suis seule à les voir

    Depuis mon soupirail

    Ils sont là depuis toujours

    Ou seulement depuis hier

    L’ombre ne renseigne pas

    Peut-être les mots

    Lorsqu’il se rassoit

    Les lettres sages deviennent des phrases

    Se couchent dans des livres

    Qu’il me reste à relier.

    (un peu modifié)

  4. Mikelot dit :

    Quelle aventure ! Et quel rythme !

    Je m’accroche !

    Amitiés

  5. Éclaircie dit :

    Ha! Ha !
    vous aimez lire ? Mikelot
    merci d’être passé !

  6. OulRa dit :

    D’un saut de puce, ou d’un soubresaut de patte de mouche plutôt, d’un vers, d’un revers, d’un dévers, le contre « chant » amorce et désamorce. Et tout pourtant avance.
    Étrangeté fascinante !

  7. Éclaircie dit :

    Tu me fais rire Oulra, on a toujours dit que mon écriture (à la plume) était faite de pattes de mouches..
    Si le charme opère suis ravie.

  8. Éclaircie dit :

    Je me levai très tôt. Je voulus pour vous plaire apprivoiser la Lune. Songeant à l’emporter quelques heures loin du ciel, je pris pour ce faire, le plus beau des filets aux mailles lumineuses. Je l’aurais invitée à se blottir entre les pages du livre que vous lisiez hier ; vous l’aviez déposé sur votre chevet quand, las, fatigué, vos yeux ont rejoint les étoiles.
    Elle vous aurait bercé, raconté les histoires de ces chemins perdus qu’elle a créés pour vous. Elle vous aurait promis de vous y emmener. Je vous aurais suivis, timide, discrète, pour recueillir les bribes de vos conversations.

    Le soleil ombrageux surgit de l’ouest furieux, me bouscula soudain, jaloux ravit la belle.
    Je n’ai plus à offrir que l’aurore naissante, silencieuse et câline au bord de votre lit. Vous vous réveillerez, dessinerez l’épure de ce qui pourrait être votre prochain roman.

  9. 4Z2A84 dit :

    Apprivoiser la lune : oui, cela semble possible. Quant au soleil, j’y renonce.

  10. Mikelot dit :

    Symboliste, mallarméen. Mais je sais que vous n’aimez pas trop être « jugé » par rapport aux autres poètes. Pourtant il fallait le dire.

    Soleil et lune, deux rateaux sur la toiture encore basse de midi. Les oiseaux ont chaud et les navettes spatiales on froid. Mais c’est un inquiétant présage qui s’immisce dans mes oreilles. Trois notes ont sonné le glas de la naissance d’un futur clown.

    Oui je sais rien à voir mais à vous de voir.

    Amitiés.

    • Éclaircie dit :

      Mikelot, super sympa de passer par là.
      En fait pour ce qui est de « juger ou pas » , je me sens très petite devant les noms que tu cites. Sinon, ici, il y a un article en bavardages qui s’appelle « Fil de suture interne externe ». Si tu as envie d’improviser ou offrir quelques mots, en commentaire, tu seras le bienvenu. J’aime beaucoup écrire après lire les autres. Et j’aime bien aussi avoir des échos de même.
      Non, non, donc pas rien à voir ! merci !

  11. Éclaircie dit :

    Quand il n’y a que toi
    Qui m’entraînes en ce monde
    Là où je suis vivante
    Avant que d’être une ombre
    On ne peut pas aimer
    Plus fort qu’aimer les mots
    Et l’on ne peut pas voir
    Plus loin que l’océan
    Aux matins éveillée
    Je découvre l’histoire
    Aux soirs de pleine lune
    Je confie ma mémoire
    Tu ouvres le chemin
    Où je posais le pied
    Écrasant les reflets
    De ces années passées
    Yeux fermés lèvres closes
    Je rêvais d’un ailleurs
    Où l’on pourrait dormir
    Mais encore chanter

  12. Éclaircie dit :

    C’est l’heure où les oiseaux, diurnes et nocturnes
    S’époumonent en chœur pour appeler le jour.
    Frissonnement de l’aile, œuf au chaud sous la plume
    Au loin les grenouilles croassent de concert.

    À la fenêtre ouverte, la caresse du vent
    Ne se lasse jamais de dire le printemps

    Si le ruisseau bondit, gronde encore au matin
    C’est pour que le vieil arbre aux racines séchées
    Se désaltère enfin et que sa frondaison,
    Charmée par le regard offert au ciel dans l’ombre
    Effleure votre main, que demain je vous lise,
    A l’heure où vous dormez abandonnant la nuit
    Aux bras de cette Lune à laquelle vous rêvez.

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