Un poème d’André Breton

« C’est moi ouvrez
.
Les carreaux d’air se brisent à leur tour
Il n’y a plus de miroirs depuis longtemps
Et les femmes se défendent jour et nuit d’être si belles
A l’approche des oiseaux qui vont se poser sur leur épaule
Elles renversent doucement la tête sans fermer les yeux
Le parquet et les meubles saignent
Une araignée lance sa toile bleue sur un cadre vide
Des enfants une lampe à la main s’avancent dans les bois
Ils demandent l’ombre des lacs aux feuilles
Mais les lacs silencieux sont trop attirants
On ne voit bientôt plus à la surface qu’une petite lampe qui baisse
Sur les trois portes de la maison sont cloués trois hiboux blancs
En souvenir des amours de l’heure
L’extrémité de leurs ailes est dorée comme les couronnes de papier qui tombent en tournoyant des arbres morts
Sous la neige le paratonnerre charme les étoiles épervières »
.
André Breton 1896-1966 « Le revolver à cheveux blancs » (1932)
.

Une réponse

  1. Éclaircie dit :

    La nature source d’inspiration, des êtres humains au coeur de ces paysages, j’aime beaucoup. Ce « moi » appartiendra au lecteur.

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