Zébrure

UN POEME D’ECLAIRCIE (M.C.B.) :
.
L’absence grandit
On voudrait la fuir
Elle nous happe pourtant
Se moque des mains nues
Gercées calleuses
Qui ne savent plus porter la couleur
Au creux du lit des rivières

La surface du lac absorbe la lumière
Sans la réfléchir
Comme l’arbre enfouit la sève
A la rude saison

Les lettres lointaines
S’estompent
Se dissolvent
Dans la poussière du chemin

Le rouge-gorge frappe au carreau
Sans réponse

L’océan retient ses vagues
Comme on étouffe le cri
Quand rien ne lui répond

La ruelle se referme en impasse
Tandis que le halo
Du moindre réverbère se perd
Dans des rues plus vivantes
Là les murs n’affichent pas le blanc
Masquant l’escalier
D’où la musique pourrait s’élever
Dans un sursaut d’éclair
Zébrant le vide
.
Eclaircie

7 commentaires sur “Zébrure”

  1. 4Z2A84 dit :

    Cet « attendez qu’il s’habitue à vous… » on l’aura compris n’est pas ici à sa place.
    .
    Un poème magnifique où « l’océan retient ses vagues/comme on étouffe un cri » et où les coups frappés au carreau par le rouge-gorge restent sans réponse. Un poème noir, pessimiste…Faut-il y lire l’influence de l’hiver qui nous prive des plus belles couleurs de la nature quand le pollen y circule comme le sang dans de neuves artères ou la sève à travers le labyrinthe des branches chargées de fruits et de fleurs ?

  2. Éclaircie dit :

    Que faut-il y lire ? j’aime la vision que tu en as. On peut sentir le froid de la saison, et aussi l’absence momentanée des voix qui nous (me) sont chères.

  3. 4Z2A84 dit :

    Les œuvres de Y. Delétang-Tardif ne sont pas rééditées ; elles ne trouveraient qu’une poignée de lecteurs…

  4. Romain dit :

    C’est un bonheur de te lire et, si le temps s’étire au point de disparaitre des consciences, il n’empêchera pas les retrouvailles.
    Ce temps, qui me manque et pourtant, une petite feuille poussée contre la vitre par le vent semble prendre la relève du rouge-gorge…

  5. Éclaircie dit :

    Un éclair est passé, il nous offre le temps à venir.

  6. Mikelot dit :

    Oui, la musique est là en effet, au creux du poème.

  7. Éclaircie dit :

    Mikelot est passé, jusqu’au creux du poème, merci!
    Elisa me manque.
    et je ne me lasse pas des compliments de 4z, hihi

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