Autopsychographie [Fernando Pessoa]

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Le poète sait l’art de feindre.
Il feint si complètement
Qu’il finit par feindre ce qu’est douleur
La douleur qu’il sent vraiment.

Et ceux qui lisent ce qu’il a écrit,
Dans la douleur lue sentent bien,
Non les deux qu’il a connues,
Mais celle qu’ils ne connaissent pas.

Et ainsi, sur ses rails
Tourne en rond, à entretenir la raison,
Ce petit train mécanique
Qui s’appelle cœur.
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4 réponses sur “Autopsychographie [Fernando Pessoa]”

  1. Éclaircie dit :

    N’y a-t-il pas un univers entre le poète et ses lecteurs ?
    De la feinte ? énonce Pessoa, je ne suis pas sûre, d’autant que d’après sa biographie sa douleur devait être grande.
    Merci de ce partage.

  2. josy01 dit :

    oh que non!
    le poète ne feint pas!!

  3. 4Z2A84 dit :

    Lorsque l’on écrit on garde plus ou moins le souci de la forme, ne serait-ce que pour être compris (par d’éventuels lecteurs comme par soi-même). La « vraie » souffrance s’exprime autrement que par l’écriture : par le cri, par les larmes, par le silence auquel le désespoir conduit, etc. Le poème est souvent un fruit de la rêverie, une rêverie qui cherche à fuir la douleur, même quand elle en porte la marque…Me semble-t-il. Actuellement (…demain je puis changer de sentiment à ce sujet).

  4. OulRa dit :

    J’ai beaucoup aimé cette idée de feinte.
    Le poète (comme le photographe qui choisi son cadre…) n’est-il pas un menteur par omission ?

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