Ne retenez de moi

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Ne retenez de moi que le chant du ruisseau

Quand la lune au matin traverse l’horizon

Assise à la fenêtre je buvais les paroles

Transportées par le vent au delà du coteau

Les murs blancs ont grandi sans plus laisser d’espace

Aux couleurs de la flamme que je portais aux yeux

Je me souviens de l’astre et de sa chevelure

Dans laquelle j’enfouissais mes rêves avant dormir

Les oiseaux éloignés n’ont pas besoin du fil

Sur lequel nous courions applaudissant le chant

Le toit ne couvre plus qu’un silence figé

L’escalier s’est perdu à chercher la lumière

Dans le puits l’eau stagnante appelle le torrent

Qui brisera la pierre et lui rendra l’élan

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10 commentaires sur “Ne retenez de moi”

  1. 4Z2A84 dit :

    L’oiseau…le ruisseau…la lune…le puits…le toit…la fenêtre…l’escalier : ces mots et ce qu’ils désignent reviennent sous ta plume comme en musique des leitmotiv et chaque fois sous un éclairage et dans un contexte nouveaux. Ainsi se creusent tes thèmes de prédilection. Avec constamment une disposition consciente ou non à émerveiller tout lecteur sensible aux magies du monde et de son expression. En poésie il y a des fées : tu es l’une d’elles.

  2. josy01 dit :

    « Les oiseaux éloignés n’ont pas besoin du fil

    Sur lequel nous courrions applaudissant le chant »

    quelle merveille que ceci!!!

  3. Fauchon dit :

    Moi c’est le premier vers qui m’enchante particulièrement et je pèse mes mots. Que retenir d’une personne que l’on quitte? Ses goûts, ses aspirations, ses défauts et ses qualités, il y a de quoi écrire en effet, tout en recherchant la justesse du propos.

  4. Éclaircie dit :

    N’est-on pas qu’une once de cette nature qui nous enchante et nous inspire ?
    Merci pour vos passages.

  5. OulRa dit :

    J’aime bien cette homogénéité tricotée et tenue, mais dont le corollaire est aussi l’enfermement…
    Il ressemble – je le lis comme cela- à des paroles sacrées dites sur un bourdon de voix ou de cordes décharnées (Ligeti par exemple).
    Je retrouve cette idée d’immobilité -avec l’injection nostalgique de l’imparfait- que le restreint du champs visuel campe d’un poème l’autre ; cet élan à trouver, cette force que le flot des alexandrins blancs* marchant par paires donne et amidonne en même temps.
    Ce répertoire d’éléments me fait aussi penser aux pierre-feuille-ciseaux (jeux de la répétition avec des variations qui fait qu’on avance dans le compte (conte?) ou pas.
    Ici, on croise aussi les effluves d’une chanson de Jacques Brel.
    Pour moi, c’est un sillon tracé, qui lentement progresse.

    * bien que les 3, 6, 8 soit un peu…

  6. Éclaircie dit :

    Oulra, Je t’avais demandé de me faire une critique poussée comme tu en fais ailleurs. Merci beaucoup d’avoir pris le temps de le faire.
    les 3 6 8 ne sont pas rigoureux, je le sais, pas pu faire mieux. Demain, demain, qui sait ?

  7. 4Z2A84 dit :

    Il y a dans (presque) toute le poésie postsurréalite une nostalgie de la forme fixe et notamment de l’alexandrin. L’oreille ne s’ensable pas. La métrique est dans nos gènes.

  8. 4Z2A84 dit :

    …postsurréaliSte…

  9. Mikelot dit :

    Content de vous retrouver ici ! Je lirai attentivement. Très beau poème à la première lecture.

  10. j’ai bien reçu ton message et…avec grand plaisir je passerai chez toi …je t’aperçois à la fenêtre …le rideau flotte au vent d’un soupir qui m’arrive jusqu’à l’orée du bois joli du bout du monde où désormais j’habite,…au bout du monde dans ma cabane de fougères

    bien à toi,…toni

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