Grues et rouilles

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De vieux rafiots limassent,
Dans l’eau pétrolifère
C’est d’où pendent ces lignes.

Des cornes et leurs cocus
De brume encore geignant
S’en vont de bars en bars,
Chaotiques ballots.
Sur diables, pauvres diables,
Suivant les « kenavo »…

Toujours entre deux eaux
Ils vont dans la mouillure
Où les grues et les rouilles
S’articulent et déploient
Leur art de l’équilibre
Pour y trembler la nouille.

Et puis en rentrant tard
De brume encore geignant
À la main d’un vieux clop
Ils se tiennent aux bittes
De l’aube aux goélands
Où des boutres s’enlacent.

De vieux rafiots limassent,
Dans l’eau pétrolifère
C’est d’où pendent ces lignes.
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6 replies on “Grues et rouilles”

  1. Heliomel dit :

    Querelle de Brest pour l’atmosphère, l’eau pétrolifère prolifère, éviter de jeter un mégot dans ce magma sous peine d’embrasement.
    Bonne année Raoul!

  2. Éclaircie dit :

    Atmosphère lourde, quand l’eau se voudrait légère, mais se retrouve noyée dans des mélasses internes ou externes.

  3. Elisa romain dit :

    Trente secondes pour dire que j’ai beaucoup apprécié ma lecture.

    A bientôt.

  4. OulRa dit :

    Heliomel, Éclaircie, Elisa, merci de vos passages.
    C’est ça : « mélasse » ! C’est le mot que j’ai été incapable de trouver.
    ;o)

  5. 4Z2A84 dit :

    Mac Orlan revu par Raoul. C’est rugueux et drôle à souhait. On y est – parmi les grues et les tonneaux – nos trognes aussi rouges que notre pompon.

  6. OulRa dit :

    Si Orlan était mac… Tout s’explique !!!
    ;o)

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