Les tablettes du mammouth bleu

 

Qu’y aura t-il d’autre au fond des fumées bleues ?
Des corvées d’un autre temps partagées en riant
Des soirées à s’évader en rêve la main dans celle des autres
Des saveurs de cendre conservées sous la langue
Le temps peut bien filer la montre en son gousset
Son tic tac nous berce et cadence nos pas
Et puis les fumées bleues des nuits improvisées
Nous ouvrent en grand leurs bras tendres et chaleureux
.
La vie aura eu ce goût particulier des amandes pilées
Cette odeur salée sucrée des placards oubliés
Le mariage des coquillettes et des coquilles
La danse des bâtons racornis des vanilles
Râpeuse comme ma joue
De la noix de cajou
Des sachets desséchés
Des épices réprimées
.
Des dangers périssables
Des safrans véritables
Des confits d’oie, des confitures
Des conflits durs, déconfitures
.
Hêtre en placard, être en prison
Une précision, un presse citron
Un malin, des amulettes
Un moulin, des allumettes
.
Et sur la dernière étagère
Entre chimère et gruyère
Un cercle rouge sur le vichy
Du temps perdu qui fuit
.
.
Les nuages se vautrent dans les toiles bleues du ciel
Impudiques ils s’embrassent à pleine bouche
Dévoilant les contours de leurs corps éphémères
Pour l’instant d’après se repousser violemment
Echevelés disloqués le blanc narguant le gris
Puis réchauffés par un soleil voyeur
Ils se regonflent et jettent sur les champs nus
Des ombres d’hommes grotesques
D’animal fabuleux et terrible
Jusqu’à l’instant de frôler la rivière
Où ils versent une larme amère
Au souvenir de leur enfance paisible
Entre des rives aimantes berceau de leurs babils
Avant qu’on ne les expulse aspirés par le vent
.
Tu es la route où l’écolier refait le monde
A sa façon sans demander aux maîtres leur avis
Il sait de quoi il parle que le soleil réponde
Ou non à ses questions spontanées sur la vie
Il n’y a déjà plus de modèle à rien
L’imagination passe avec succès tous les caps
Sautées les haies ne sont plus un obstacle
Ni l’horizon qui recule une proie insaisissable
Ni le nuage un projet dont la réalisation avorte
Sa famille oubliée ne lui tend plus les bras
Qui l’accueille aujourd’hui ? Une vague
Qui l’étreint l’enveloppe ? Une vague
.
Participation :
Elisa, Héliomel, 4Z, Eclaircie
Posté par Éclaircie, dans Plusieurs mains

2 replies on “Les tablettes du mammouth bleu”

  1. Elisa Romain dit :

    Pas de lecteurs et moi qui vivant loin d’internet…Encore quelques semaines …

    Merci pour ce bonheur de lecture.
    Bonne année à tous et à bientôt.

    Amicalement.

  2. Éclaircie dit :

    Si, si Elisa, c’est du bonheur que de redécouvrir tout ce dont est capable d’écrire.
    Merci à 4Z d’avoir replacé en vitrine un de ces fameux PPV pendant nos absences involontaires.

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