Un poème de ROBERT SABATIER

 

« Ode à la multitude
.
L’oiseau du rêve est l’oiseau de demain.
Frère du livre il te faudra voler
Comme une page arrachée à l’azur.
.
Aller de l’un à l’autre comme on danse
La farandole et cueillir tant de mains
Qu’on ne sait plus très bien où sont les siennes.
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Je parle en toi, je chante par ta bouche
Et je t’entends par l’oreille d’un autre.
J’ai tant de corps pour y placer mon âme.
.
Sommes-nous mille ou cent mille peut-être ?
Levant les yeux je vois les galaxies,
Tant de soleils sur les foules du siècle !
.
Il passe en moi le feu de ces poitrines.
Mes brasiers, je ne vis que par vous
Et je me mêle à vos flammes certaines.
.
A perdre haleine, ô le donner mon souffle,
Mourir en moi dans une extase folle
Pour mieux revivre en d’autres désirés.
.
O multitude éparse qui s’anime
De tant de voix par la seule parole
D’un homme seul qui se veut le cratère
Du grand volcan de l’amour unanime. »
.
Robert Sabatier « L’Oiseau de Demain » (1981).
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Une réponse

  1. 4Z2A84 dit :

    Peut-être avez-vous lu « Les Allumettes Suédoises » et ses suites ? Robert Sabatier est aussi un merveilleux poète.

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