L’oeil au brouillard

 

 

.

L’œil me fixe

Un œil aussi beau qu’une voile à l’horizon

Aussi improbable que ma présence au monde

Mais son regard demeure froid

La fumée flotte et ne se pose pas

Les arbres restent seuls

A l’abri comme je le suis de toute contrainte

La lueur faiblit le nuage perd son temps les maisons

Glissent

.

 

Le paysage est blanc de craie

L’érable est un  fantôme de phare

Squelette sans lumière

 

.

Le brouillard s’infiltre

Il efface les rideaux

Maquille les miroirs

.

 

Ayant fait son lit

Il retend la couverture

Le puits, c’est son chevet

Le mur, son paravent

.

 

Il se lève à midi

Sur la pelouse feuillue

Quelques gouttes de vapeur

Tombent de la gouttière

 

.

 

Il lance ses mots du haut de la falaise

Et les poissons avides s’élancent

Bien au dessus de la vague

Ils les broient avec les dents

Qui leur sont venues pour la circonstance

Et l’océan épouse la teinte de leurs écailles

Sitôt que les reflets des consonnes et voyelles

Deviennent comme les ardoises d’un toit

Bien rangées sages en attente de la pluie

Pour le bonheur de sentir perler l’eau

Créant une toile marine au plus profond des vallées arides

 

.

 

Le sel déposé traçant le chemin du retour de l’Homme

 

Les enfances sont de beaux voyages

 

Parcourus de couleurs frissonnantes et naïves

 

Les nuages légers qui flottent sur la couronne joyeuse

 

Des montagnes de plaine font office de bagages

 

Les coquillages et les petits cailloux blancs

 

Se déguisent en billets menant aux rêves

 

Des enfants blonds ou bruns souriant aux étoiles

6 réponses sur “L’oeil au brouillard”

  1. Éclaircie dit :

    De l’oeil à la vision, sacré parcours épousant le relief, peut-être les mirages ou la réalité.
    J’aime ainsi que l’on voyage mais jamais seul.
    Merci vous tous.

  2. Heliomel dit :

    J’aime ces consonnes et ces voyelles qui voyagent sur l’océan et ces enfants légers comme des nuages qui profitent du paysage.
    Bonne journée.

  3. Elisa Romain dit :

    Moi qui aime le brouillard , les poissons, les falaises et cet oeil si particulier, je suis aux anges ! Merci à tous, très chers complices.

  4. 4Z2A84 dit :

    « Ils étaient quatre qui n’avaient plus de tête,
    Quatre à qui l’on avait coupé de cou,
    On les appelait les quatre sans cou  »
    Robert Desnos.
    Même ainsi, ils écrivaient de beaux poèmes.
    Laïtou !

  5. 4Z2A84 dit :

    Le beurre noir du titre est-il le résultat d’une confusion ou d’une contusion ?

  6. Fauchon dit :

    D’un clin…d’oeil!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.