Un automne de Delphes à Tivoli

Un automne de Delphes à Tivoli

18 novembre 2011 à 15:52

 

L’aurige aux yeux d’émail vers la Pythie s’incline

Vois, lui soupire-t-il, l’astre du jour décline

Il est temps d’allumer ce feu qui nous éclaire

Car de tout temps, il n’est d’oracle sans lumière

 

Tourbillonnant dans l’air comme des sortilèges

Les nuages et le froid  unissent leurs arpèges

Poussant les branches nues vers de pesants sommeils

Ils masquent les cyprès, éteignent les vermeils

 

Dans l’azur triomphant les parfums   de fruit mur

Sont enfin vendangés  par le vent qui murmure

La feuille nonchalante  glisse sur le ruisseau

Capricorne épuisé laisse place à Verseau

 

Le marbre des statues des jardins opulents

S’efface de l’euripe aux reflets indolents

Il est des belvédères aux arcs incertains

Qui s’enferment le soir  dans leurs silences hautains

5 réponses sur “Un automne de Delphes à Tivoli”

  1. 4Z2A84 dit :

    Il y a dans ce poème par ailleurs très beau des petites négligences dont je me demande si tu ne les as pas intentionnellement produites – auquel cas il ne s’agirait plus de négligences (suggestions : le nuage et le froid; fruit mûr; la feuille avec langueur glisse (ou la feuille alanguie glisse ?) (dommage car la feuille nonchalante me plaît beaucoup); il est des miradors aux arceaux incertains (là aussi dommage car les belvédères ont « de la gueule » (mais veut-on ou non une belle souple et fluide césure ou coupe ? that is the question); leur silence, mais alors hautains perd son « s » et rime toujours avec « incertains » sans satisfaire Malherbe, lequel s’indigne aussi de mûr » rimant avec « murmure »…sacré Malherbe ! on serait tenté de croire qu’il manquait d’humour, était un peu « coincé » comme dirait ma fille).
    Amitié.

  2. 4Z2A84 dit :

    J’oubliais d’ajouter l’essentiel : cet « automne de Delphes à Tivoli » a un petit (grand ?) côté parodique auquel un lecteur qui préfère Rimbaud à Hérédia est sensible comme le moulin à l’alizé ou au sirocco.

  3. Heliomel dit :

    Oui, je prends des libertés avec la prosodie, mais comment dire, j’écoute et j’écris.
    Mais tes remarques sont toujours bonnes à prendre, amitiés

  4. Éclaircie dit :

    N’étant pas aguerrie à la construction classique, je me suis promenée avec toi entre les couleurs et les siècles, beau voyage pour aborder l’hiver.

  5. OulRa dit :

    N’étant pas à cheval sur la césure…
    En bon « aurige »* de 2cv, je me suis promené bien agréablement et rimbaldiennement.

    *(ça m’a rappelé de bons vieux cours d’Histoire)

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