Le spleen à la fenêtre

 

Je presse le temps et pas une goutte de miel n’en sort

Les escaliers remontent les rues et visitent des soupentes

A la recherche d’un poète au front baissé

Qui chassera les marques des heures sur la pierre

Pour ne laisser que les traces de pieds nus

Ou de lettres que d’autres devront remettre en lumière

Ce n’est pourtant que la poussière qui se joue de la clarté

Diffuse au travers de tuiles de verre

Lorsque le jour hésite à venir réveiller les souvenirs

Des hommes dont les chiens lèchent les mains inutiles

On attend la pluie qui lavera l’image et laissera

La trame apparaître et la parole renaître dans les avenues désertes

.

Sur les toits de papier d’une rue

Je ne sais plus laquelle

Ni où on la croisait

Marchaient quelques silhouettes graciles

Et puis d’autres plus fragiles

 

Sur la lune songeuse

Quelques ombres oblongues

Avaient tissé des messages

Dans un drôle de langage

Destiné aux rêveurs

A la surface du miroir

Nageaient encore quatre fleurs

Attentives aux humeurs

De poissons rouges ou noirs

.

 

Ravalant ses cris

Le moineau surpris

S’étrangle

On n’entendra plus

Son ongle gratter

La branche

Rivières vos draps

Ne sècheront pas

L’averse

Excite ses trombes

Les nuages bombent

Le torse

.

 

Du vol noir de la nuit

S’échappe un soleil pourpre

L’écharpe  en s’enfuyant

Emporte les étoiles

 

La clé sous la porte fleurie

Pousse des soupirs feutrés

En espérant la main

Qui viendra la cueillir

 

Lourds sont les secrets désirs

D’un amour passe partout

L’étiquette et l’anneau

Ont toujours ton adresse

 

Une enveloppe à fenêtre

Passe au travers des barreaux

Et vient se poser là

Comme un courrier du cœur

 .

Ont participé:

4Z2A84

Eclaircie

Elisa-R

Heliomel

 

 

6 replies on “Le spleen à la fenêtre”

  1. Éclaircie dit :

    Un fil d’ombre, de l’eau et coule la poésie avec une élégante mélancolie à la clé.

  2. 4Z2A84 dit :

    Des escaliers recherchant un poète en butte aux heures en passant par une lune songeuse, des poissons stendhaliens et des nuages bombant le torse pour en arriver à la clé persuadée d’être une fleur, la promenade le long de ce PPV fut pleine d’imprévus. Et pour l’imprévu en poésie je craque !

  3. Elisa-R dit :

    J’ai lu tout à l’heure et j’ai traversé ensuite l’après-midi le coeur léger. Ce « spleen à la fenêtre » me plaît énormément.
    Merci à vous trois !

  4. Heliomel dit :

    Pressez le temps, il en tombera toujours quelques gouttes sur les toits de papier, là où les draps des oiseaux ne séchent pas forcément après le vol noir de la nuit.
    Merci à tous!

  5. Elisa-R dit :

    Depuis, je laisse la fenêtre ouverte pour que se pose encore ce spleen d’automne.

  6. Éclaircie dit :

    Ainsi la lumière va de de tes baies aux miennes, Elisa, et la lettre s’envole avant d’être surprise par les trombes d’eau et saisie par ces silhouettes graciles ou fragiles.

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