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Tels des cavaliers blancs
Des pans de falaises
Surgissaient de la mélancolie
Pour occuper la plage
.
Un chemin blanc d’écume
Serpentait entre deux vagues
Salive océane bercée
Par la houle ondoyante
.
Offrandes des flots musicaux
Des bulles diaphanes
Transportées par le vent
Roulaient jusqu’ à tes pieds
.
D’avoir caressé tes seins
Douces encore étaient mes mains
Comme j’aimais ces framboises de mer
Qui frémissaient comme des marées
.

Un pape habile voyageait en esprit

Un perroquet très coloré trempait

Dans un bain de couleurs chatoyantes

Un miroir percevant d’un oeil le blanc

Et de l’autre la chaleur des teintes

Fut si émerveillé et transporté

Qu’il vola jusqu’au ciel

Durant cent nuits et cent jours

Et resta accroché à une étoile

Avec laquelle il eut beaucoup d’enfants

Depuis ce jour ou cette nuit
.
On oublie nos mains dès qu’on ne les voit plus
Et l’on est surpris qu’elles aient moulu le café
Il nous faut trouver nos lèvres pour approcher la tasse
Avant qu’elle ne s’éloigne sifflotant dans le matin
Nous laissant seul en haut de l’escalier
Dont la rampe nous fait de l’œil
Celui que l’on avait égaré un soir sans lune
Ou dans une soucoupe partie découvrir la banquise
Croyant encore que les ours chantent des berceuses
Pour que viennent des branches aux étoiles
Que l’on prend pour des arbres dont les feuilles
Illuminent les murs froids des chambres désertées
.
Dans l’eau où ils se reflètent les arbres gesticulent
Mais sur le rivage pas une seule feuille ne bouge
Quand vous secouez la tête j’entends chanter des oiseaux
C’est toute la forêt que nous avons éveillée
Avec nos paroles inutiles
Sous les branches chargées de fleurs
Le plus fin des vaisseaux glisse
Un incomparable sourire
Tourne autour de votre visage
Sans oser s’y poser
Votre nez pourtant minuscule lui ferait-il peur
Et moi je ne sais plus où donner de la tête
Ni si nous tournerons en même temps la page
.
Une page tournée par 4Z, Eclaircie, Héliomel et moi-même.

8 replies on “Page”

  1. Elisa-R dit :

    J’ai peu de temps cette semaine encore mais ce moment là, je ne laisserai rien ni personne me le dérober.
    Je pars affronter ma longue journée avec de belles images en mémoire.

  2. Heliomel dit :

    On oublie nos mains dès qu’on ne les voit plus
    Douces encore étaient mes mains

    deux vers qui se rejoignent sous les branches chargées de fleurs
    durant cent jours et cent nuits

  3. Éclaircie dit :

    Page à taille humaine, faite d’eau d’arbres et de ce qu’il faut pour faire tourner la tête-même d’un pape.
    Quelles couleurs -pour égaler l’automne bientôt là ?

  4. Éclaircie dit :

    égaler ? même surpasser !

  5. Heliomel dit :

    Faire tourner la tête d’un pape?
    Oui, à condition qu’il n’ait pas d’arthrose cervicale!

  6. josy01 dit :

    magnifique
    les framboises de mer!!!!!

  7. 4Z2A84 dit :

    Oui, ces framboises de mer sont magnifiques
    et aussi le perroquet trempant dans un bain de couleurs
    et l’escalier dont la rampe fait de l’oeil
    et le sourire tournant autour d’un visage…
    Des images qui enchantent.

  8. oulRa dit :

    Dans vos marges, entre framboises et perroquets, poussent la belle invention.

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