Etat majeur

Les cartographies ne tiennent pas compte
du pays où je vis
Les mots montent à cru des langues tordues
La moue faussée par le fardeau
les poulpes s’entichent de vilebrequins
Pays de mollusques et de trous
où les flaques édentées suçotent des soleils mort-nés
où les talus de lumière rôtis
s’offrent à la gueule avide du vent
On applaudit le soir la pureté du bouton
que le ciel dégrafe
On pense au fouillis des meules
au pavois des acanthes
On pense à l’encrier où les guêpes
viennent tremper leurs anneaux
Et puis on dort
à l’écart des murs
On se berce
sur des traversins feutrés d’averses
que perce le son des flûtes traversières
Les cartographies ne tiennent pas compte
du pays où je vis

7 réponses sur “Etat majeur”

  1. Éclaircie dit :

    C’est le pays du surréalisme, que même sans carte, tu nous proposes de visiter et j’adore.(même s’il ne semble pas trop le pays de la sérénité)

  2. Elisa-R dit :

    Après avoir avalé des kilomètres et mémorisé les paysages, j’apprécie ce foisonnement d’images extraordinaires. « Etat majeur » à visiter absolument !

    Merci !

  3. Orgue-rouge dit :

    Merci, en ma compagnie, d’avoir pris ce billet aller-retour.

  4. 4Z2A84 dit :

    On ne peut même plus se fier à la carte d’état-major !
    Une surprise à chaque vers. De quoi m’enchanter.

  5. oulRa dit :

    Étonnant univers. Vivifiant cet étrange pays !
    J’aime lorsque pas une route ne va où il est dit dans les indicateurs.
    ;-3)

  6. Heliomel dit :

    Pourtant les cartes état major sont détaillées, comme quoi il ne faut pas trop se fier aux militaires!

  7. Orgue-rouge dit :

    Un grand merci aux derniers voyageurs.

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