Poème à plusieurs voix

Le cataplasme de la Martyre

Vendredi 22 octobre 2010

Le cataplasme de la Martyre

 

 

 
Où sont les précieuses amandes effilées ?
Une blessure d’amour sale comme une peau morte
Que le vent transporte au hasard des rides écartelées
Perd ses illusions devant tant de pots cassés
Débris désemparés cherchent colle à chaud
Fissures esquissées cherchent collagène
Il y a des yeux dans le bouillon du cahier
Qui cherchent les lignes de la main
Mais les draps sont en colimaçon
Parmi le camphre et la cardamome

 
Dans vingt huit secondes le champ magnétique sera rompu
Et les tubercules malins seront libérés
Ils ramperont et si les druides de la forêt ne les contrarient pas
Avec leur gui et leur serpe ,avec leurs danses et leurs chants
Ils envahiront comme la nappe la table
Comme la nappe la mer
Comme la nappe hydrocarbure
Ils envahiront les interstices de ma terre
Sous les oignons sous les racines
Les radicelles ridicules des iris
Les bourgeons et les yeux des cucurbitacées fatiguées
Ils envahiront tristes hères la terre et sans relâche
Se multiplieront à tout jamais et pour toujours
Comme si l’infini avait un bout
Comme si le chien qui se mord la queue avait un but

 

Fi de la noix ou de la fraise, la marquise aime les entrailles
Ses gants noirs s’effilent en longues traces sombres
Qui donnent au vent sa direction quelle que soit la saison
Elle les aime en écailles luisantes oblongues et lisses
C’est son péché mignon sa faiblesse sa folie
Et quand elles viennent à manquer, la belle marquise
Aux yeux de langouste milanaise pousse des hurlements
Déchirants que l’on entend d’un pôle à l’autre
Alors chaque homme enamouré se mue en loup puissant
Et creuse de ses griffes les profondeurs de la terre

 

 
Le jour éternue et s’envole la jupe du pont
Qui joue à pile ou face le nom de la péniche
Celle qui l’emportera loin du vent les pieds au sec
Loin des indifférents qui le martèlent
Alors qu’il rêvait de soupirs seulement pour lui
On sait bien que les amoureux préfèrent l’onde
Et le creux du ciel qu’ils partent rejoindre
Tellement légers que la pierre absente sous leurs pas
Ne les empêche de rire encore ni de traverser le temps
On l’a retrouvé quelques saisons plus loin
A l’orée d’un sombre bois la rambarde offerte
Au dernier signe de passagers en parchemin

 

 

 
On frappe à la porte et quelqu’un répond
Il te ressemble
Vous partagez le même nom
Et le même visage
Mais vos yeux ne vous appartiennent pas
Ils glissent le long d’un regard
Qui ne s’arrête sur rien
Car rien d’irremplaçable ne s’offre à lui
Plus loin d’un pont quelqu’un se jette à l’eau
Est-ce le même homme
Aucun joueur de billes ne s’en inquiète
Les agates fondent au soleil
Ou crèvent comme des bulles dans les poches
De pantalons maintes fois rapiécés

dans un désordre alphabétique:  Heliomel 4Z Elisa Eclaircie Téquila

4 réponses sur “Poème à plusieurs voix”

  1. 4Z2A84 dit :

    Une reprise. Sans en être tout à fait conscient, on l’attendait. Quelle joie de relire ce qui s’oublie si vite !

  2. Heliomel dit :

    La principale activité du cerveau, c’est l’oubli. C’est vrai que le bougre travaille dans l’ombre!
    Merci 4Z d’avoir rafraichi nos mémoires
    Amitiés

  3. Éclaircie dit :

    Bonne idée que de remettre à la Une cet ensemble, nos yeux s’agrandissent alors pour cette (re)découverte.
    De bien belles bulles dans nos besaces qui ne demandent qu’à briller encore et encore, merci 4Z.

  4. Elisa-R dit :

    Bonne idée, en effet. J’étais triste de ne pas écrire avec vous cette semaine là et la tristesse a disparu sans laisser d’adresse …

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