Pieds nus sur marbre clair

Les messages se croisent sourires aveugles

La tête au firmament les pieds à l’éventail

Sans tambour ni fleurs bleues oublieux

Des horizons incrustés en lignes profondes

Sur les fronts blancs des franges adolescentes

Les messages se laissent pousser des ailes

Ils deviennent volatiles

Cocasses

Poétiques

Futiles

Nécessaires

La nuit venue ils se posent sur une épaule

Et attendent sagement le premier rêve de la lune

Pour devenir la plus brillante des étoiles

Un navire emporte la mer

Dans ses cales vers un récif

Sur lequel une forêt d’ifs

Croît arrosé par des chimères

Dont nous surprenons les profils

Quand elles vont d’un mort à l’autre

Se flattant d’être les apôtres

Enthousiastes des nécrophiles

Leurs ombres glissent sur le marbre

Des tombeaux changés en maisons

De tolérance Une oraison

Funèbre à l’attention d’un arbre

Dont les pendus grouillent de vers

Est interrompue par la houle

Chaque vague imposant sa goule

Une épave y vit un calvaire

Le carillon a sonné cinquante-deux fois

Les grenouilles ne peuvent plus dormir

Le lac glacé par le sucre sous le charme

A franchi l’horizon et se mêle à la brume

Lèvres entrouvertes laissant filtrer les rayons

Du soleil paresseux et perdu dans les jours

Le papillon retourne en sa chrysalide

Heureux de resurgir paré des couleurs

Qu’il aura inventées pour les fondre à ces voix

Tandis que les passants déchaussent leurs souliers

S’élancent à l’assaut du ciel et des océans

Pour pieds nus frôler les nuages et les vagues

Dans les rôles principaux :

Eclaircie, 4Z et moi-même .

5 réponses sur “Pieds nus sur marbre clair”

  1. Elisa-R dit :

    Avec deux minutes d’avance sur celles du carillon…

  2. Éclaircie dit :

    Le chemin cette semaine semble vertical, rêve ou cauchemar ? les mots sont, oui nécessaires, brillants comme l’étoile dans le marbre.

  3. 4Z2A84 dit :

    De la première à la dernière ligne, on vit d’étranges aventures ! On ne passe pas en effet sans émotion ni perplexité des franges adolescentes et des messages ailés aux tombeaux hantés par des goules pour aboutir au bord d’un lac glacé et sucré qu’un papillon nostalgique survole…

  4. ELISA ROMAIN dit :

    En attendant vendredi, je reviens lire. (Bon, je triche un peu, j’ai déjà relu une douzaine de fois, mais chuuut !)

  5. Heliomel dit :

    Mon miroir m’a joué des tours mais mes yeux ne me trompent pas, ils aiment ces chimères et ces carillons!
    Bises de la forêt d’Eawy

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