le mome et sa chanson

LE MOME ET SA CHANSON
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Une chanson revient dans ma tête le soir
Pour chahuter ma nuit qui va, qui s’éternise.
Le refrain d’un enfant me chante son espoir
Dans ce Sarajevo qui, dans la paix, s’enlise.
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Sous le son du canon, sa petite musique
Semble se régaler de ce coin de fraîcheur.
Elle paraît divine, elle apparaît magique
Pour ce pays pavé de guerre et de malheur.
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La sonate des doigts courant sur le violon
Espace liberté pour un monde sordide
Est devenue le cri de ce petit garçon
Qui trouve que les grands ont des jeux bien stupides.
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Un ignoble tireur eu raison de l’enfant
La balle d’un fusil à jamais le fît taire
En laissant du gamin, musicien de la guerre
Le concerto joyeux d’un univers dément.
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Cet affreux souvenir bouscule ma mémoire
Le môme et sa chanson, sont rentrés dans l’histoire.
Sa sonate à la paix revenant chaque fois
Me dire doucement Ne nous oubliez pas.
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jc blondel

6 réponses sur “le mome et sa chanson”

  1. Elisa Romain dit :

    Avec un tel poème, comment l’oublier ? C’est un bonheur de vous lire ici, même si ce que vous évoquez est dramatique.

    Amicalement.

  2. OulRa dit :

    Un poème touchant qui, sans pathos, parle, simplement vrai.
    Les « Je suis tombé par terre,
    C’est la faute à Voltaire,
    Le nez dans le ruisseau,
    C’est la faute à Rousseau » hantent, ils n’ont ni âge, ni époque.
    Beau texte.
    ;-3)

  3. jc-blondel dit :

    merci je n’avais pas penser aux misérables en l’écrivant
    merci du passage

  4. 4Z2A84 dit :

    Victor Hugo « Les Châtiments ».
    .
    « Souvenir de la nuit du quatre
    .
    L’enfant avait reçu deux balles dans la tête.
    Le logis était propre, humble, paisible, honnête;
    On voyait un rameau bénit sur un portrait.
    Une vieille grand-mère était là qui pleurait.
    Nous le déshabillions en silence. Sa bouche,
    Pâle, s’ouvrait ; la mort noyait son œil farouche ;
    Ses bras pendants semblaient demander des appuis.
    Il avait dans sa poche une toupie en buis.
    On pouvait mettre un doigt dans les trous de ses plaies.
    Avez-vous vu saigner la mûre dans les haies ?
    Son crâne était ouvert comme un bois qui se fend.
    L’aïeule regarda déshabiller l’enfant,
    Disant : « Comme il est blanc! approchez donc la lampe !
    Dieu ! ses pauvres cheveux sont collés sur sa tempe ! »
    Et quand ce fut fini, le prit sur ses genoux.
    La nuit était lugubre; on entendait des coups
    De fusil dans la rue où l’on en tuait d’autres.
    – Il faut ensevelir l’enfant, dirent les nôtres.
    Et l’on prit un drap blanc dans l’armoire en noyer.
    L’aïeule cependant l’approchait du foyer,
    Comme pour réchauffer ses membres déjà roides.
    Hélas! ce que la mort touche de ses mains froides
    Ne se réchauffe plus aux foyers d’ici-bas!
    Elle pencha la tête et lui tira ses bas,
    Et dans ses vieilles mains prit les pieds du cadavre.
    « Est-ce que ce n’est pas une chose qui navre!
    Cria-t-elle ! monsieur, il n’avait pas huit ans !
    Ses maîtres, il allait en classe, étaient contents.
    Monsieur, quand il fallait que je fisse une lettre,
    C’est lui qui l’écrivait. Est-ce qu’on va se mettre
    A tuer les enfants maintenant? Ah! mon Dieu!
    On est donc des brigands ? Je vous demande un peu,
    Il jouait ce matin, là, devant la fenêtre!
    Dire qu’ils m’ont tué ce pauvre petit être!
    Il passait dans la rue, ils ont tiré dessus.
    Monsieur, il était bon et doux comme un Jésus.
    Moi je suis vieille, il est tout simple que je parte;
    Cela n’aurait rien fait à monsieur Bonaparte
    De me tuer au lieu de tuer mon enfant!  »
    Elle s’interrompit, les sanglots l’étouffant,
    Puis elle dit, et tous pleuraient près de l’aïeule :
    « Que vais-je devenir à présent, toute seule?
    Expliquez-moi cela, vous autres, aujourd’hui.
    Hélas! je n’avais plus de sa mère que lui.
    Pourquoi l’a-t-on tué ? Je veux qu’on me l’explique.
    L’enfant n’a pas crié vive la République. »
    Nous nous taisions, debout et graves, chapeau bas,
    Tremblant devant ce deuil qu’on ne console pas.

    Vous ne compreniez point, mère, la politique.
    .
    Monsieur Napoléon, c’est son nom authentique,
    Est pauvre, et même prince; il aime les palais;
    Il lui convient d’avoir des chevaux, des valets,
    De l’argent pour son jeu, sa table, son alcôve,
    Ses chasses ; par la même occasion, il sauve
    La famille, l’église et la société;
    Il veut avoir Saint-Cloud, plein de roses l’été,
    Où viendront l’adorer les préfets et les maires,
    C’est pour cela qu’il faut que les vieilles grand-mères,
    De leurs pauvres doigts gris que fait trembler le temps,
    Cousent dans le linceul des enfants de sept ans.

    Jersey, 2 décembre 1852″.
    .
    Victor HUGO

  5. jc-blondel dit :

    merci az pour le commentaire et ce poeme de victor hugo

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