Extrait de « Quatorzième poésie verticale » Roberto Juarroz

L’abîme n’admet pas l’ordre,

le désordre non plus.

Et nous savons que tout est un abîme.

Pourtant,

le jeu de la feuille et du vent

s’achève toujours à l’endroit le plus exact.

Et aucune feuille ne souille le lieu où elle tombe.

Il se peut qu’une feuille ordonne

ou peut-être désordonne

une autre face de l’univers.

Quatorzième poésie verticale – José Corti – 1997

(Trad. de S. Baron Supervielle – Préface L Cerrato – Édition bilingue)

7 réponses sur “Extrait de « Quatorzième poésie verticale » Roberto Juarroz”

  1. Éclaircie dit :

    Merci de ce partage, je comprends ton enthousiasme à lire ce poète, j’envie ta qualité de bilingue pour le lire dans les deux langues, et me demande si tous les ouvrages sortis chez Corti sont (je ne sais pas le nom) « à finir de découper »

    Je te remercie sincèrement de cette participation où il ne manque pas un détail.

    J’ai déjà lu le nom de sa traductrice, je ne sais plus sous quel poème (peut-être sur le site « poezibao ».)

  2. Éclaircie dit :

    ps: nous avons une rubrique « anthologie » pour les auteurs célèbres -au lieu de non classé- mais sans doute est-ce une étourderie.

  3. 4Z2A84 dit :

    Entre la terre et l’immensité du cosmos circule le chant des poètes.

  4. Orange dit :

    Je suis heureuse que vous l’aimiez, il frôle les abysses et les cieux avec une élégance et une simplicité féline…Moi il me donne le vertige à chaque phrase , un vertige comme un hoquet de clairvoyance.
    Amitié

  5. Elisa Romain dit :

    Ni l’ordre, ni le désordre…Ca me fait penser à l’anti-matière que des chercheurs auraient observé ces jours derniers. Ce « pourtant » me réchauffe…Je ne sais pas pourquoi et ne veux pas le savoir.

    Merci.

  6. OulRa dit :

    Ne connaissant pas je découvre… C’est superbe d’éléganceS au pluriel.

  7. Éclaircie dit :

    Un autre poème :

    Il dessinait partout des fenêtres.
    Sur les murs trop hauts,
    sur les murs trop bas,
    sur les parois obtuses, dans les coins,
    dans l’air et jusque sur les plafonds.
    Il dessinait des fenêtres comme s’il dessinait des oiseaux.
    Sur le sol, sur les nuits,
    sur les regards tangiblement sourds,
    sur les environs de la mort,
    sur les tombes, les arbres.

    Il dessinait des fenêtres jusque sur les portes.
    Mais jamais il ne dessina une porte.
    Il ne voulait ni entrer ni sortir.
    Il savait que cela ne se peut.
    Il voulait seulement voir : voir.
    Il dessinait des fenêtres.

    Partout.
    (Douzième poésie verticale, traduction de Fernand Verhesen)

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