Chant clair

 

Nos yeux posés

comme des cautères

sur des fenêtres qui

au soir

s’ouvrent les veines

Le jour naît des lampes

puis rampe vers les ombres

qu’il tète

Une jambe trop courte

on écoute tout bas

la pendule qui boîte

qui regarde nos têtes

qui les compte et s’en va

Combien de nuits perdues

ont frappé à nos portes

Les arbres au dehors

parlent une langue morte

Est-ce bien le ciel

sous une aile

qui dort

La peau des mares craquelle

Toutes les mains tombent

Peu d’espoir à la ronde

sinon l’aube

derrière un rideau

qui porte la moitié du monde

sur son dos

11 réponses sur “Chant clair”

  1. Éclaircie dit :

    Un réel plaisir à te lire.
    quel monde fantastique où l’on ne sait pas si les meubles sont vivants (plus que les humains) où si l’eau serait plus bavarde que le crapaud au printemps.
    tu nous guides avec les majuscules (à l’inverse de 4z ou moi)

    Un texte bien sombre mais comme j’aime.

  2. Éclaircie dit :

    je reviens, je suis troublée du titre.

    je n’ai pas vu l’aube passer, il y avait trop de nuages et le rose prenant le teint orange bleue à été absente de mon matin
    avec toutes mes excuses.

  3. Éclaircie dit :

    Et comme j’envoie plus vite que je ne pense, la route est longue avant l’Aube.

    bonne journée.

  4. Orgue-rouge dit :

    Merci Eclaircie d’être toujours aussi enthousiaste à l’écoute du chant des autres.

  5. 4Z2A84 dit :

    J’ai trouvé à ton poème des accents reverdiens, ce qui, de ma part, est loin d’être un mince compliment. On y trouve des images insolites et le rythme s’accorde à celui des battements de coeur suscités par une vague inquétude très bien traduite, et transmise au lecteur.

  6. Orgue-rouge dit :

    « Sources du vent », quel livre!
    Reverdy, je rougis.
    C’est bien pour tenter de traduire ces « vagues inquiétudes » que nous écrivons, non?
    Merci, 4Z2A84, pour ta lecture et commentaire.

  7. Elisa Romain dit :

    Je suis sensible au rythme et aux images , par exemple

    « la pendule qui boîte

    qui regarde nos têtes

    qui les compte et s’en va »

    De toute beauté ce poème !

  8. 4Z2A84 dit :

    « la pendule d’argent
    Qui ronronne au salon, qui dit oui qui dit non, qui dit : je vous attends »
    J. Brel « Les Vieux ».

  9. Éclaircie dit :

    Reverdy ! Orgue-rouge rougissez mais surtout écrivrez…Comme Reverdy, j’attends l’édition de vos oeuvres complètes.

    il se passe toujours quelque chose sur Poésie Fertile, parfois le silence, même alors il est bavard.

  10. Orgue-rouge dit :

    Elisa Romain , merci beaucoup.
    Je suis sensible à votre sensibilité.

    4Z2A84, c’est raccord. Brel, un poème à lui tout seul.

    Éclaircie, il n’y a pas si longtemps, mes oeuvres complètes ne dépassaient guère
    deux ou trois poèmes. Je les complète jour après jour. Quel jour seront-elles complètes me demandez-vous?
    Il m’est impossible de vous répondre.
    Il y aura bien d’ici là des jours de désoeuvrement que je ne peux prévoir.
    Suis-je complet?

    Merci à vous trois.

  11. OulRa dit :

    J’aime beaucoup, c’est fugace et prégnant, comme une persistance rétinienne, un angélus, une humidité…
    Et puis « La peau des mares craquelle » est pour moi une clef qui me sonne et fait vibrer certaines cordes et ondes sensibles.
    :-3)
    Merci.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.