L’échiquier à la fenêtre

.

La forêt se déplace elle entre dans la mer

Comme les fruits confits dans le cake elle explore

L’âme de l’univers quand il daigne parler

Pour dire quelque chose – elle insuffle à sa flore

Le goût de l’aventure elle repeint le ciel

Redonne des couleurs aux nuages exsangues

Et du tonus à l’eau qui croupit dans les mares

On trouve sous ses poils des plis confidentiels

Les arbres qu’elle abrite ébruitent ses secrets

Son nom l’appariteur le prononce à voix basse

Lorsqu’elle s’introduit dans des salons glacés

Où privées de moulin ses feuilles se rétractent

.

Contraste saisissant entre les mains du joueur

L’une s’ouvre sur le mont de vénus

L’autre reste fermée à toute idée de voyage

Elles s’agitent cependant et s’emparent de la reine

Ou du fou quand il s’agit d’un enjeu plus sérieux

Cahin-caha elles s’élèvent puis se posent

Loin des plages de mars assoupies sous les étoiles

Le vieux roi encerclé laisse choir son épée

Dans un bruit métallique de fin de partie

.

C’est un haut-parleur

Un beau parleur

À peine hâbleur

Qui grésille à toute heure

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Son maitre l’ampli l’épate

Avec son fil à la patte

Son jumeau perd sa broche

C’est le son qui décroche

.

Le haut-parleur s’en fiche

Le haut-parleur s’affiche

Sur le toit d’une auto

C’est  le cirque  bientôt

.

Sagement posé sur son cul

Parmi les graves et les aigus

Le babouin joue du hautbois

Pour l’enceinte à trois voies

.

L’inspiration s’est absentée de la fenêtre

Elle a laissé quelques lignes à peine lisibles

Recommandé de prendre l’escalier

Celui qui ne monte ni ne descend

Mais toujours en spirale pour maintenir le vertige

Et ne sortir du contexte sous aucun prétexte

Attendre deux lunes ou quatre soleils

Les regarder dans les yeux sans fléchir ni frémir

Croquer une fleur de fraise anticiper le goût du fruit

Dans la goutte de rosée entendre le torrent

Ne pas compter sur ses doigts qui ont tout oublié

Ou sur ses pieds qui ne mènent nulle part

Et espérer des passants qu’ils prêtent un sens

Une voix une ligne une porte avec maison autour

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Les auteurs :

Elisa-R

Héliomel

4Z2A84

et Eclaircie

6 replies on “L’échiquier à la fenêtre”

  1. Elisa Romain dit :

    Le roi est un haut-parleur, un beau parleur et la fenêtre s’invite là où la forêt se déplace. Avant de partir, j’emprunte l’escalier car je n’ai besoin ni de monter ni de descendre.
    Bon vendredi à tou(te)s les passant(e)s

  2. 4Z2A84 dit :

    Si les pieds ne mènent nulle part cela n’empêche pas le haut-parleur de s’afficher sur le toit d’une auto ou loin des plages de mars assoupies, ni le Mont de Vénus d’apparaître derrière des arbres qui ébruitent leurs secrets. Mieux vaut, en effet, ne pas compter sur ses doigts, ces oublieux, que d’espérer franchir un échiquier en sautant par la fenêtre !

  3. 4Z2A84 dit :

    Dans Macbeth la forêt se déplace.

  4. Éclaircie dit :

    Une voix passe à la fenêtre, pour tenter de rejoindre les arbres sur mars ou vénus, alors que le beau parleur joue et gagne ou perd sur l’échiquier du salon glacé.
    Si les feuilles se rétractent elles laissent toujours filtrer ce qu’elles savent de nos secrets avant de s’enfuir par l’escalier.

    Bises du vendredi aux passants.

  5. Elisa Romain dit :

    Le fou sautera par la fenêtre, la reine préférera l’escalier, dérobé. Pendant ce temps quelqu’un, ou peut-être le babouin, repeindra le ciel en croquant une fraise.

  6. Fauchon dit :

    Et tout ce beau monde ira faire du ski nautique entre deux lunes et quatre soleils, entre Venus et Mars, a moins que ce ne soit sur l’eau qui croupit dans les mares de fruits confits.

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