La poulie

Quand aux nuits d’euphorie

succèdent les jours de puits

elle regarde le seau descendre

vide

.

Elle hésite à jeter la pierre

à mesurer la corde

le bruit sur le métal

ou le plongeon sourd

.

La paroi sèche

la pierre ocre

attendent la vague

ou le geste

.

Un jour la margelle

usée

s’effondrera

sous l’attraction du vide

.

Une poulie rouillée

posée sur l’herbe

un lien effiloché

et la lune baignant la scène

4 replies on “La poulie”

  1. Elisa Romain dit :

    Le silence et les objets, témoins du mouvement, passé. Le « lien », même « effiloché », qui permet de remonter au souvenir du bruit et de la vie… J’aime beaucoup ce poème.

  2. OulRa dit :

    Les gestes et les vides, évoqués par les objets immobiles, oubliés, morts pourrait-on dire… Et des liens perdus que l’on regard hagard.
    Un texte qui résonne comme un « Ho! » prononcé à la bouche d’une nuit, d’un puits pour (se) vérifier.

  3. 4Z2A84 dit :

    Il faut se pencher au risque d’une chute dans le puits pour apercevoir l’eau. Dans cette eau ronde se reflète la lune, ronde elle aussi, qu’il fasse jour ou nuit ! Quelquefois on remonte avec le seau plein un visage blanc et souriant, celui d’une espèce de clown. Le grincement de la poulie réveille alors le dormeur ou la dormeuse.
    Un poème magique.

  4. Éclaircie dit :

    Dans mon seau, j’ai trouvé vos échos poétique. Que le puits soit solide, la corde de même. Nous veillerons ensemble sur la margelle aux pierres bien jointées.

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