Du fond de l’eau

Feuilles au fond de l’eau parcourues de notes sombres
Recouvertes de mousse, d’algues vertes et douces
Déposées pour l’oubli, destinées au silence
Remontent du bleu nuit d’un passé assoupi.

Les gouttes huileuses glissent sans rien effacer
Quelques traces humides, peut-être, modifient certains mots
Leur offrant, longtemps après, la fraîcheur de l’instant .

Rien ne bouge sur les berges que les frères animaux
Aux humains gémellaires le lieu reste interdit
Et les sons de la gorge sont ceux des gorges d’ici .

Le soleil et la pluie donnent à l’endroit
La protection des brumes et des zones trop humides
Qui repoussent les bottes et les fusils
Qui gomment de la mémoire les souvenirs fantômes .

14 replies on “Du fond de l’eau”

  1. Éclaircie dit :

    Du fond de l’eau, du fond de l’être, vision floue ou protection bienfaisante. Une feuille aura refait surface pour témoigner.
    Ravie de te lire Elisa.

  2. Elisa-R dit :

    Merci Eclaircie. C’est une sorte d’essai de voix. J’ai l’esprit ailleurs et je ne vois ce que j’écris qu’en l’offrant au regard des autres .
    Je suis contente de revenir parmi vous.

  3. 4Z2A84 dit :

    Dans certaines circonstances, on ne peut pas lutter contre l’humidité. Aussi doit-on l’accepter, s’en nourrir et tâcher de ne plus voir en elle que ce qui la rend attachante aux yeux de son créateur comme aux yeux du peintre ou du poète dont elle inspire le travail ses couleurs, ses effets, ses glissements…ses fantômes.
    Un poème prégnant.

  4. 4Z2A84 dit :

    « Voici plus de mille ans que la triste Ophélie
    Passe, fantôme blanc, sur le long fleuve noir,
    Voici plus de mille ans que sa douce folie
    Murmure sa romance à la brise du soir. »
    …Rimbaud n’a pas écrit que des chefs-d’oeuvre…

  5. OulRa dit :

    Les méandres de l’écriture, comme de longues algues, happent vers où flotent fantômes, esprits, visions…
    C’est une démonstration par la poésie de l’hypothèse de la mémoire de l’eau.

  6. OulRa dit :

    😉 Hum-hum… flottent.
    Je vais les faire mes cents lignes!

  7. Elisa Romain dit :

    Rimbaud…ce nom n’a rien de joli pourtant, il me semble déjà être un poème. Heureusement, je suis consciente de ne pouvoir rivaliser avec aucun poète et je n’écris que des textes. Merci 4Z .

    Oulra pris en flagrant délit de distraction orthographique : comme c’est rassurant ! Double merci donc !

  8. 4Z2A84 dit :

    Les poèmes engendrent les poètes. Et vice versa. Ils se stimulent entre eux bien davantage qu’ils ne rivalisent.

  9. Orange dit :

    J’aime l’idée de ce lieu sacré que même les humains, par leur seule présence, n’ont pu profaner..c’est limpide, pur, comme un petit ruisseau qui coule au creux du monde,,,merci

  10. Elisa Romain dit :

    Merci passantes et passants aux paniers chargés de fleurs. Prenez donc une gorgée de soleil avant de partir.

  11. phoenixs dit :

    Le monde d’Elisa entre les voiles, quand l’âme à marée basse tente de se hisser au-dessus d’elle-même, c’est ici qu’elle se retrouve moins seule

  12. Scamandre dit :

    Bonjour Elisa. Dans ce monde j’image des êtres engloutis, inaccessibles pour toujours
    qu’à l’âme de votre poésie

  13. Elisa-R dit :

    La visite de Scamandre me permet de réaliser que je ne vous ai pas remerciée, Phoenixs, pour votre très beau commentaire : merci beaucoup.

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