Le chien rit jaune dans l’oasis

Animaux malheureux

Sur le seuil de ma porte

On nouera mes cheveux

Si je vous réconforte

.

La foule se rassemble

Autour de notre nid

L’arbre des greniers tremble

L’ombre des lacs brunit

.

On arpente l’azur

Sans réveiller le sable

Sans rouvrir de blessure

Sans trouver son semblable

.

L’oasis se balance

Et vous asperge d’eau

Vous qui voulez qu’on danse

Par couples dos à dos

La journée lui appartient mais il ne sait qu’en faire

Et la donne à son chien

Retourne s’asseoir dans un fauteuil fané

Dont les bras l’enserrent

Auxquels il abandonne son corps et sa mémoire

Devenu bois et velours

Il remonte la forêt revivre ce temps d’arbre

S’enferme dans le cocon avant qu’on ne lui arrache la soie

Toute la maison retient son souffle

Le laisse à son voyage

Attend demain et l’animal revenu

Pour s’ouvrir au matin et que la main fourrage la fourrure

Le chien contera les caprices du soleil

Lui écrira la sève qui nourrit la feuille et berce le papillon

Ils attendent quelque chose

 Le vert en profite pour s’épanouir sur les larges feuilles

 Qui plus tard jaunissent et puis tombent

 Les assis regardent les nuages rassemblés dans le ciel

 se préparant à la grande migration

 Vers un ailleurs invisible ou lointain

 la lune aimable sourit au soleil qui se couche

 le soleil reposé s’étire éveillant ceux qui attendent

 Quelque chose qui ressemblerait au nid d’un nuage

 Posé sur la cime d’un tilleul centenaire

.

 Il faut savoir traverser le lit du fleuve

Prendre son courage à deux mains

Refuser d’être le passeur des trépassés

.

 Laisser ses berges sur la rive aux erres

Oublier les oripeaux des préjugés sur le gué

Changer ce sillon si sage en soyeux sillage 

.

 Perdre pied la tête haute

Respirer le trouble et l’émoi

Saisir l’herbe qui devient fleur

.

 Pousser un cri d’amour devant le  tableau inédit

Croire jusqu’à la folie  au tabou interdit

Penser que minuit devient midi

Ont participé:

4Z2A84

Eclaircie

Elisa-R

Heliomel

(le tout avec un peu de retard!)

4 replies on “Le chien rit jaune dans l’oasis”

  1. Éclaircie dit :

    Le monde vit son spectacle, parfois nous le traversons.

  2. Elisa Romain dit :

    Nous le traversons, passagers provisoires, souriants, heureux.

  3. Fauchon dit :

    Et que dire de ces chemins de traverse qui nous attirent et nous repoussent tout a la fois?

  4. 4Z2A84 dit :

    Danser dos à dos vaut-il mieux que s’asseoir dans un fauteuil dont les bras enserrent l’occupant ? Les assis de Rimbaud se posent la question tout en regardant se préparer la migration des nuages. Seul le passeur des trépassés y pourrait répondre – mais il se tait.

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