Aux talons de l’espace des rêves

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Le vide-cerveau prévu dans trois cent
Cinquante quatre semaines et quelques hivers
S’affiche sur les toiles de la nuit
Tout se peaufine minutieusement
Les transmetteurs réceptionnent
Les récepteurs transmettent
Les colis et les malles les soute
Et les bagages à main
Se poussent du pied afin de parvenir
Au bas de l’échelle qui devrait les conduire
Au nirvana tandis que les fourmis
Se partageront les restes sous le soleil écrasant

Le crépuscule des cieux
Efface les erreurs boréales
Vous donnez ce que vous voulez
Un trou de serrure

Une roue à aubes
Pour gravir les collines
En collet monté
Pour poser des lapins

Cette robe oubliée au fond d’un miroir
Ou ce nuage de laid resté sur le carreau
Pour deux rayons tachetés
Le troisième est ouvert

Vous donnez ce que vous pouvez
Au décrochez-moi ça
On ne demande pas la lune
Juste un peu de rêve

La fenêtre regarde et n’en croit pas ses yeux
Dans la maison chaises et table se disputent
Chacune cherche un pied pour lui faire du mal
Avec l’un de ses propres pieds – il en résulte
Une série de bruits secs et d’éclats de voix
Car le bois ne restant pas de bois vocifère
Contre son ennemi lui-même en l’occurrence
Et la fenêtre songe en les voyant se battre
A se séparer d’eux le plus discrètement
Possible et pour ce faire elle sort de son cadre
Avec douceur comme un serpent change de peau
Puis libre enfin se fond dans l’air et dans l’espace
Où vous la chercheriez en vain pour lui promettre
Que votre table et vos chaises s’adouciront

Les gazelles des villes marchent au bras des soirs
Elles dérangent les dormeurs des salons d’herbes folles
Et ces soirs lumineux prédisposent à l’ennui
Pour qui oublie les pas du tango argentin
Les talons aiguisés tapent et claquent sur le sol
Recouvert de lierre sous la peau du bitume
Loin de là l’eau s’endort engourdie de chaleur
Elles rient du soleil étranger solitaire et pensif

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Par

Elisa, Héliomel, 4Z2A84 et moi, rassemblés pour l’occasion autour d’une table sage

3 réponses sur “Aux talons de l’espace des rêves”

  1. Heliomel dit :

    j’adore ce vide cerveau, gageons qu’avec son échelle il nous mènera au vide grenier! On regardera par la fenêtre qui sera devenue lucarne et de là on regardera passer les gazelles à talons aiguilles.

  2. Éclaircie dit :

    Des chaises et des tables qui en décousent et nous voilà sondant le désert ou les rues les collines avant de regarder par ces trous de serrures branchées sur nos cerveaux.

    Une bien belle semaine.

  3. 4Z2A84 dit :

    Les bagages se poussent du pied
    Pour récupérer
    Cette robe oubliée au fond d’un miroir
    Mais la fenêtre n’occupant plus son cadre
    Et les soirs lumineux prédisposant à l’ennui
    L’eau s’endort.

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