La musique de l’eau

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L’eau glisse entre les doigts du temps

Creuse des gorges profondes

Où se terre la parole malhabile

De peur d’égratigner les vagues

Servant de berceau aux rêveurs

Les lèvres retiennent leur souffle

Jusqu’aux prémices du jour

A l’heure où la lune bercée par l’aurore

Abandonne sa place à la clarté impatiente

C’est l’instant où Elle songe

A l’onde accueillante dans sa fraicheur limpide

Là où la musique émane des gouffres

Ricoche sur les voûtes

S’amplifie au sortir des cratères

Et se mêle aux rires des arbres et des oiseaux

Invitant son chant à se marier au destin du vent


7 réponses sur “La musique de l’eau”

  1. 4Z2A84 dit :

    « Là où la musique émane des gouffres » l’oreille du poète comme un coquillage demeure attentive. Car à « la clarté impatiente », il faut quelquefois opposer le cheminement de l’esprit à travers les merveilles que les univers visible et invisible lui offrent et parmi lesquelles il prend ou non en souriant le temps de choisir…Ici la sélection inspire des rêves inouïs au lecteur.

  2. Elisa Romain dit :

    Je te lis et, à chaque fois, je lève les yeux vers un paysage, j’écoute l’écho des mots…et je repars avec mon commentaire en poche.

    Ce poème est une petite merveille !

  3. ingrid dit :

    curieux, il y a bien, bien longtemps quand j’étais amoureuse d’une brise légère (un Gémeaux avait réussi à capter mon coeur de Poissons heureux dans l’eau pure ), j’avais écrit un poème sur les jeux du vent et de l’onde…et le musique y était clapotis, nous jouions de nos différences et nos attirances, lui infidèle caressant, faisant bruire les feuilles frémissantes des arbres à sa portée, et moi l’onde, de ru, devenant torrent, je frissonnais sous ses caresses, mais je n’ai pu quitter le lit qui m’était destiné, celui de rivière à fleuve, , me jetant dans les bras de l’océan pas toujours pacifique…et par le soleil, je redevenais gouttelettes, en pluie je retombais et j’arrosais à nouveau ma mère la Terre…pour un éternel renouveau..Le vent et l’onde : deux forces qui peuvent détruire, comme se caresser et se compléter dans un chant d’allégresse, le vent me transformant en écume bondissante et joyeuse….

    bisous ma belle éclaircie

  4. Éclaircie dit :

    4Z, ton ouïe est fine, autant que ton esprit sait se laisser aller à tous les sons audibles ou non.
    Elisa, je sais que tes poches renferment tant de trésors. et je les vois.
    Ingrid, voilà que tu l’as réécris, ce poème. en prose ici, merci du cadeau. bisous.

  5. Yokshares dit :

    A la leture, on se sent baigné dans la fraîcheur de l’eau, aux aurores, avant même l’aurore, quand le ciel s’éclaircit (!) mais que la vue peine à s’attacher aux choses…et cette eau, presque froide mais pas tout-à-fait, qui mouille l’esprit, le ravive et le transporte dans les entrailles de la terre, là ou l’eau voyage, vit à l’abri des regards…se charge de vie avant de nous l’apporter, cadeau de Dame Nature…

    Mes hommages, Eclaircie
    Yokshares

  6. Éclaircie dit :

    Yokshares, merci d’avoir voyagé en eau douce au fil de mes mots.

  7. OulRa dit :

    Curieux hasard : il se trouve que j’ai lu ce poème en écoutant la Mer de Debussy, le début du premier mouvement -de l’aube à midi sur la mer- et j’étais un fétu de paille dérivant.
    Sans pour autant être descriptif, paysages… Impression…
    Un poème qui nous fait éprouver plus que voir.

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