Soleil levant

L’eau est lourde et les carpes crient

La voix émane du plus profond du ventre

Tandis que le vertige s’accroche aux arbres

Dont les bourgeons hésitent à naître

Dans la fluorescence de la palette verte

La sphère bleue rêvait d’or

Elle devra choisir la pierre

Dont le gris inerte marque la route

Que les colonnes empruntent

Pour trouver à étancher leur soif

Le soleil indifférent marque le jour

Son chant régulier parcourt les déserts

.

Chimère fabuleuse

Une forme ébauchée

Parcourt le monde

Caresse le souffle d’une perle

 .

Ses mains sculptent un cérémonial

Des édifices magiques

Des palais sans fenêtres

Elle a tellement d’envies

 .

Elle hurle sous le vent

Vole de criques en baies

S’affale sur la grève

Drap fantasmagorique

 .

La caresse d’un soir

Le mouvement du jusant

De courbes en torsades

La spirale se dilue dans la nuit

 .

Que vous vous déplaciez à vélo

Ou en brodequins délacés sur les traces de la camomille

Méfiez-vous du biceps

Dont la contraction engendre un jour férié

Ne fermez pas le gaz avant de l’avoir épluché

Dans le sens de la longueur

Au théâtre ou entre 1870 et 1900

Car tous les instruments à cordes ne se digèrent pas

Aussi bien que le style flamboyant

C’est ce qu’affirme la soupe quand vous l’écoutez

Au lieu de la boire comme on vide un chargeur

Sur le système de Copernic

Pour lui apprendre à vivre

Ailleurs que dans un fauteuil vacciné

Contre le haut-fourneau et sa sœur napoléon

  .

L’enchanteur a perdu les couleurs qui paraient son manteau

Un vent lourd soufflant sur la colline des fleurs

le force à plisser les yeux et à s’incliner pour rester droit

les oiseaux immobiles sur le sol  dorment dans d’étranges positions

Des nuages grisâtres bâillonnent peu à peu les murmures du ciel

L’enchanteur a perdu la douceur qui réchauffait sa voix rauque

Dans un élan désespéré il écarte les bras et envoie vers le monde

Un long et inaudible cri d’agonie  qui le consume lentement

5 réponses sur “Soleil levant”

  1. Éclaircie dit :

    Entre le cauchemar et le rêve, la frontière est parfois mince, le nonsensique nous repêche avant de nous projeter à nouveau dans de sombres toiles, surprenant, ne laisse pas indifférent. Rayons de soleil ou de vélos pour aller loin.

  2. 4Z2A84 dit :

    Ce levant vaut qu’on se lève pour l’applaudir ! Tout y passe – surtout le meilleur.

  3. Orgue-rouge dit :

    C’est une fourmilière d’idées que j’ai parcourue avec des petits yeux de tamanoir.

  4. Elisa Romain dit :

    Il y a tellement à voir ! Je vous applaudis, chers comparses du vendredi.
    Merci Orgue-rouge, j’adore vos yeux de tamanoir.

  5. Heliomel dit :

    Un moment bien agréable…celui où on assemble les textes, en appréciant leurs ressemblances, leurs points communs ou carrément leur opposition! Bonjour à toutes et tous.

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