la malade

 
L’expression de la malade était simple

Juste un frémissement de la lèvre supérieure

Suivi d’un e expiration nasale

La grenouille verte dont le cœur bat

Trois fois plus vite que le sien

La regarde sans ses paupières

Il n’y a pas de prince sous sa peau luisante

J’observe sa patte arrière et pense

Au nerf sciatique et son excitation électrique

A son muscle blanc qui se contracte

Et qui dégoute tant les anglais

La malade reprend une inspiration profonde

Toujours par le nez

Sa narine se dilate puis se relâche

Ses mains s’ouvrent en même temps

De la droite s’envole un papillon

De la gauche , la chrysalide ne s’est pas ouverte

Elle n’a pas vu s’envoler le diptère

Sa tête penche vers le cocon mort

Je crois qu’elle a envie de pleurer

Ou bien …. Ses yeux sont secs

Je me souviens du bistouri qui fend la peau

Des souris blanches

Pour mettre a nu ces petits organes crème

La malade me regarde maintenant

Elle voit l’envers de mes yeux

Elle voit les étincelles qui filent dans mon cerveau

L’activité fébrile de mes neurones épuisés

Est-ce un sourire ou rictus qui se dessine

Sur ses lèvres?

Les mandibules de la blatte arrachés à la pince

Sont disposés sur la feuille blanche

Mon dégout est passé

Il ne reste plus qu’a les dessiner sur mon cahier

Et les identifier correctement

Alors ses yeux deviennent opaques

Et disparait le faux sourire

Le papillon s’en est allé parla fenêtre entrouverte

 

 

 

 

 

6 réponses sur “la malade”

  1. Éclaircie dit :

    Un mélange d’observation « scientifique » et de merveilleux… vous lisez Téquila

  2. 4Z2A84 dit :

    Une composition terrible et fascinante. Le bistouri fait ainsi une entrée remarquée en poésie, se substituant à la plume. Entre tes doigts, qu’il fasse des miracles !
    Heureux de te lire après ton trop long silence.

  3. Elisa Romain dit :

    A mes voisins du dessus, discrets et élégants, j’emprunte quelques mots qui me sont venus aussi à la première lecture du poème: « scientifique », « terrible », « fascinante ». Tu as trouvé ce qu’il fallait pour éveiller le lecteur et le préparer à voir la malade.
    J’aime !

  4. Orgue-rouge dit :

    Je me surprends à tenter de disséquer votre poème pour en comprendre tous les ressorts, poème qui lui-même relate un examen anatomique étrange.
    La poésie est un grand laboratoire.

  5. oulRa dit :

    Sur la table de dissection, l’étude des derniers souffles en entomologiste.
    Une fascinante opération de la plume de Téquila.

  6. Orange dit :

    poème étrange et séduisant, envoutant même, on navigue derrière les paupières et j’aime bien ça !
    Merci

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