Un pot d’échappement

Un pot d’échappement
A quoi sert de le tenir si serré entre ses doigts

Il ne s’échappera pas

Bien que son nom indique le contraire

C’est bien lui qui favorise la fuite de toutes les fuites

Ainsi dans ce wagon envahit de bruits sourds

Il tient lieu de secours

De roue de secours bien qu’il soit un tuyau

Le hasard du langage ou le hasard des mots

T’ont conduit cher tuyau

Bien des années après 20 ou même 30

En position centrale

D’une conversation nonchalante entamée

Entre deux verres d’une boisson pimpante

pleine de bulles et de vie

Alors parfois l’existence se résume

A ces souvenirs anodins

Et ces objets inutiles

Mais qui se trouvaient là un certain soir de blues

Ou toute notre vie se focalise soudain

Sur un tuyau chromé

Ridicule….

Il y a ces vingt ans que tout le monde chante

Il ya cette peau si douce

Et ses dents éclatantes

Il y a cette fougue

Il ya donc la vie

Et aujourd’hui

On sent qu’elle est partie bien loin

Trop tard…. Pour lui courir après

Mais qu’importe les tuyaux et la vie

Le chrome et l’énergie

Qu’importe

La fin des chemins et des routes

Des sentiers incertains

La fin de tout ce train

Qui file surement

Nous connaissons le bout

N’est-ce pas l’essentiel?

5 réponses sur “Un pot d’échappement”

  1. 4Z2A84 dit :

    Tu nous reviens avec un poème que l’on parcourt avec émotion. Tout ne m’y plaît pas. Mais ta voix, celle de la Tequila des « grands » poèmes, y est par endroits perceptible et c’est un bonheur de l’entendre à nouveau. Ce que je souhaite – et je crois n’être pas le seul dans ce cas – c’est de te lire très souvent ici, sur PF.

  2. Éclaircie dit :

    Ah ! Téquila, je confirme, je suis très heureuse aussi de te re-trouver.
    Finir ton poème sur un point d’interrogation, manière douce amère de ne pas trop savoir ou de vouloir qu’on te démontre que non.
    Beaucoup d’amertume entre tes lignes, et cette faculté de partir d’un élément à priori absolument pas poétique, pour nous entraîner dans ton univers particulier (que j’aime)
    Bise !

  3. Elisa Romain dit :

    Revoir ton pseudonyme et tes mots, ici : quelle belle façon de clore ce dimanche ! Je reviendrai lire ce poème. Le vent semble s’être contraint au silence pour nous permettre d’y entendre ta voix…

  4. Air-pur dit :

    Laissons la vie s’écouler tranquillement: pas besoin de la canaliser. Et, à la mort d’un(e) ami(e), retrouvons nous autour d’un verre: ce sera sans doute un pot d’échappement, le verre de l’amitié, pour échapper à la tristesse.

  5. Heliomel dit :

    Comme on aimerait trouver des pots d’échappement capables d’assourdir les bruits de cuisine, les bruits d’enfer, les bruits des nuits qui s’amenuisent.

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