Les hurlements de la Bête-suite par MJM

(Pour mémoire, la première partie se trouve ici : http://www.poesie-fertile.fr/?p=1542 et la seconde là : http://www.poesie-fertile.fr/?p=1713 )

La douleur me réveilla.
Mon torse était en feu. J’ouvris les yeux et me rendis compte que la nuit n’était pas encore finie.

Je baissai les yeux et vis que ma blessure s’était envenimée. La griffe de la Bête ne devait pas être très propre. La douleur était à la limite du supportable. A elle s’ajoutaient les crampes venant de mon estomac affamé.
Je jetai un coup d’œil vers l’endroit où je vis les Bêtes pour le dernière fois. Mais il ne semblait y avoir plus rien.

La forêt avait repris vie. La vie nocturne, que je connaissais bien et qui ne faisait pas peur.
Rassuré sur ce point, j’entrepris, avec difficulté, de redescendre de l’arbre. Chaque mouvement me déchirait littéralement le corps.
Il fallait que je trouve un buisson-à-guérir et rejoindre le cours d’eau, tout proche.

Toujours sur mes gardes, je mis pied à terre. Je me fondis dans le décor, afin de n’être pas la proie d’un autre prédateur, comme les grands loups ou les félins aux dents longues. La Bête n’était pas la seule à hanter ces bois en quête de viande fraîche. Usant de tous les préceptes que m’avaient enseignés mon père et le sorcier, je demeurai immobile malgré la douleur.

Je patientai ainsi, luttant contre le mal, jusqu’à ce que je fus sûr de ne faire aucune mauvaise rencontre. Je tombai même sur une repas inattendu : un rongeur qui passa devant moi et que je saisis d’un geste vif. L’animal n’eut pas le temps de souffrir ni de pousser un cri. Je le tuai d’un coup de dents à la base du crâne.

Tandis que je me repaissais de sa chair, j’avisai mon arc et mon carquois à l’endroit même où la Bête m’avait tenu en son pouvoir.

Je les repris en hâte après avoir jeté la carcasse froide de mon repas. Le hasard me servit : à côté de mon arme se trouvait un buisson-à-guérir. J’en cueillis immédiatement quelques feuilles que j’écrasai dans la paume de ma main, selon ce que m’avait enseigné le sorcier. Le cours d’eau était à dix pas.

Je recueillis un peu d’eau dans une feuille d’araucaria et mêlai la bouillie que j’avais faite plus tôt. Je passai ce mélange sur mon torse en serrant les dents. La douleur était abominable, mais je savais que je ne risquais plus rien : le mal était endigué.

Haletant pendant quelques instants, je tournai à nouveau mon regard vers la clairière.

Je m’y dirigeai bientôt.
De nombreuses traces de pattes attestaient la présence des Bêtes. Mais quelque chose attira mon attention.
Le sol avait été transformé en une sorte de nid. Des branches, des plumes, des brindilles, toutes réunies en forme de cercle.
Et au milieu, des restes de coquilles.

La Bête avait fait des petits.
Alors je compris pourquoi, la veille, la Bête m’avait épargné, elle attendait la naissance.

Toujours souffrant de ma blessure je repartis vers mon clan. Ils devaient savoir que la Bête n’était pas seule.

MJM. Avec son aimable autorisation.

2 replies on “Les hurlements de la Bête-suite par MJM”

  1. Éclaircie dit :

    Le passé-simple efficace pour ces actions brèves mais intenses. Un récit qui sait tenir en haleine son lecteur.

  2. Jean-Michel dit :

    j’espère
    en tous cas, j’essaie de maintenir un certain suspense
    merci, Marie-Claire

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