MANBO SAPIN

L’hiver a accroché ses dentelles de froidure aux fenêtres des maisons.
Qu’elles sont belles ces forêts de dentelles, avec les grands êtres de cristal que l’aube a taillés de sa pointe mordante sur la buée des vitres du petit jour.
La neige a givré les verres de sa poésie et la montagne a conquis la plaine. L’espace d’une nuit, le gel a peint des glaciers sur la moire à glace des vitres de la chambre à coucher, il a posé des napperons d‘étoiles dans la salle à manger, il a feuilleté des pages toutes blanches dans le salon de lecture, il a gravé des estampes sur le vasistas des cabinets, ajouté de la fantaisie sur les baies vitrées de la perception, collé des papillons sur les pare-brises de la gendarmerie, gravé des sapins de garenne sur la porte des clapiers et projeté des images de cristal sur l’écran de terre de la réalité.
C’est le coup de charme que l’hiver offre aux pauvres,  en peignant des bouquets d’aiguilles sur les vitres, pour tenter de faire oublier celles qu’il plante sous leurs ongles.
Mais qu’ils sont beaux ces sapins de l’hiver, même s’ils sont caduques et si le premier soleil les abattra du tranchant de ses rayons.
Pôle de Glécy

2 réponses sur “MANBO SAPIN”

  1. Elisa-R dit :

    Ce merveilleux texte ne devrait pas suivre le chemin de « ces sapins de l’hiver » au « premier soleil ».
    Merci pour ce Glécy de Noël.

  2. grain de fable dit :

    Merci Elisa, j’ai commandé au Père Noël un cadeau en plus pour toi…
    Paul

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