Balancier

On claudique toujours au bord de notre vie

N’osant y pénétrer de peur de la froisser

Comme ce drap soyeux qui épouse le lit

Que d’un fer maladroit on risque de brûler

On marche dans les rues, notre frêle équilibre

Retient nos pas des bris de nos semelles torses

Tandis que le pavé résonne encore et vibre

Marche discordante que cependant on force

Et les volets fermés comme nos yeux éteints

Ne laissent pas filtrer le sourir d’un brasier

Nous ne traversons plus que les glaces sans tain

Mains portées en avant servant de balancier

7 replies on “Balancier”

  1. 4Z2A84 dit :

    Magnifique. Dans la forme comme dans le fond. Dès la première lecture des vers se gravent dans la mémoire. En fait ce sont les douze vers qui s’y gravent car je ne saurais en choisir certains plutôt que d’autres, tous étant remarquables et « liés » entre eux, indissociables, ce qui donne au poème sa force et sa fluidité. Par ailleurs rien de ce que l’alexandrin véhicule encore très souvent et que l’on pourrait appeler « rabâchage, facilité et convention » ne se retouve ici. Tout y est original et d’autant plus susceptible de nous émouvoir, de nous surpendre, et même de nous confirmer que les vers mesurés, voire rimés, savent encore… et toujours être un des modes d’expression idéals (ou idéaux) pour apprivoiser le réel et saisir un instant l’insaisissable quand on est un poète, un vrai, comme toi.

  2. Air-pur dit :

    Nous traversons nos vies comme des somnambules
    Pensant que, de la mort, ce sont les préambules.
    Car c’est en cet instant, quand nous ouvrons les yeux,
    Que nous voyons enfin que nous sommes des dieux!

  3. Éclaircie dit :

    Merci pour les cadeaux : un commentaire des plus louangeurs et un quatrain de bonne facture en écho à mon poème.

  4. Air-pur dit :

    Après relecture, voici ma nouvelle mouture (le troisième vers me paraissait imparfait):

    Nous traversons nos vies comme des somnambules
    Pensant que, de la mort, ce sont les préambules.
    Car c’est en cet instant, où nous fermons les yeux,
    Que nous voyons enfin que nous sommes des dieux!

  5. Éclaircie dit :

    Merci d’être repassé, Air-pur, je ne sais si nous aurons réponses à toutes nos interrogations et peurs, cependant nous voyons souvent bien mal, les yeux ouverts.

  6. Elisa-R dit :

    J’ai encore l’avantage de me faufiler derrière 4Z pour admirer le tableau sans rien déposer dans la corbeille. Il est tellement émerveillé qu’il ne sent même pas que je m’accroche aux pans de sa veste pour ne pas perdre l’équilibre pendant que je m’émerveille à mon tour…

  7. Toni Cervantes Martinez dit :

    Les commentaires qui précèdent m’ont glacé la cervelle, déjà bien tourmentée au dernier mot de ton texte…superbe écrit MC

    Felipa

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