Vagabondages. (les oiseaux)

Pour passer un moment calme et studieux sans se fatiguer, c’est simple. Il suffit d’ouvrir le grand livre du ciel.
Vous cherchez la page blanche d’un nuage et vous lisez l’histoire des oiseaux.
Il ne faut pas faire d’effort de compréhension, juste un effort d’attention. Au début, on n’entre pas dans les paraphes des hirondelles qui brouillonnent dans les nuées. Il y a trop de sillages qui s’entremêlent pour notre vie habituée au sillon de la journée, et puis, petit à petit, vous vous familiariserez au stylet qui trace les phases de leur voyage. Quand votre œil sera habitué, vous comprendrez la métaphore fragile de l’alouette, vous entrerez de plein pieds dans la saga de la grive en quête d’aventure, dans le roman noir du merle, qui persiffle ses héros, votre âme survolera la tragédie humaine, vous toucherez l’éternel et les droits de hauteur, jusqu’à ce que le hibou mette ses points de suspensions au chapitre du jour et qu’il faille refermer la couverture noire de la nuit.
Et là, il vous faudra attendre le matin, que la lumière soit, pour commencer une autre histoire.

2 réponses sur “Vagabondages. (les oiseaux)”

  1. Éclaircie dit :

    Votre livre à la couleur du ciel est de ceux dont on ne se lasse, mais le hibou est déjà là, je reviendrai un jour lumière.

  2. Air-pur dit :

    Voici un bien précieux manuel de décryptage des signes de la nature. Et quand la journée d’hiver est trop longue, trop sombre, trop triste, il faut se laisser distraire par le ballet enjoué d’une compagnie de mésanges. Distraire au sens le plus fort du terme.

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