Reflets

Les doigts un peu gourds
l’esprit qui épouse le ralenti de l’hiver
les lettres dansent toujours
dans tous vos champs fertiles

Mais comment dire les yeux assoiffés de tout voir
la main qui rêve de retenir le vent
l’éclair ne dure que pour cingler la cime
les branches calcinées tentent de revivre
dans la rivière des nuits
se fond la lune
sous l’asphalte trainent les cris
l’écho voyage en attente de la paroi lisse
verticale et brillante sous l’impact

Que serions nous sans ces signes
des appareils digestifs mordant la poussière
mais l’eau est là pour laver le miroir
et les reflets vivent et s’envolent.
11.01.2010

6 replies on “Reflets”

  1. Air-pur dit :

    Rude tâche que de saisir l’insaisissable! Et pourtant, tu y arrives plutôt bien. Ton secret ne serait-il pas la poésie?

  2. 4Z2A84 dit :

    Le poète tente l’impossible : il veut aller à l’extrême limite de la parole, là où elle recrée le réél sous la forme qui le désigne. Dès lors la compréhension du monde est l’affaire des mots – du verbe – et la matière se spiritualise, redevient ce qu’elle était avant de se dégager de l’esprit. L’inverse aussi peut se produire et exiger du poète la passivité et le silence, un silence dans lequel tout ce qui fut écrit et continue de l’être s’engouffre et tourbillonne comme le navire dans le maelström. La deuxième strophe de ta composition est magnifique. La théorie ne doit jamais interférer l’écriture quand elle est issue de ce que nous avons récemment désigné comme « l’inconnu qui est en nous » – ni la philosophie qui possède son propre espace. Mais les « pourquoi ? » les « comment ? » engendrent la réflexion et à ce travail de l’esprit la poésie ne souhaite pas toujours rester étrangère. Qui la découragerait ? Certainemant pas moi !

  3. Éclaircie dit :

    Air-pur, tu me fais vraiment plaisir par les mots que tu me laisses.
    4Z2A84, lorsque ces « pourquoi et comment » se ressentent plutôt qu’ils ne s’expliquent, on tente par le linéaire de traduire le mouvement. Je crois que le résultat n’est jamais vraiment son reflet. Ainsi en écrivant encore et lisant aussi, les autres, les volumes se dessinent, deviennent esquisses et où je ne parlais que « de mots » tu m’as appris à découvrir la Poésie, celle de beaucoup avant nous et celle que nous partageons ici, entre auteurs, lecteurs de poèmes et commentaires.
    Merci.

  4. Elisa-R dit :

    Quand on a le commentaire difficile, quand un simple sourire témoigne du bonheur de voyager sur le dos d’un poème, c’est tyoujours une chance inespérée de passer après 4Z. Il nous reste à hocher la tête, de haut en bas. Et l’on peut garder le sourire et même, applaudir.

  5. Yokshares dit :

    C’est quand vient l’hiver, quand le corps est forcé à l’arrêt, sinon au repos, ce repos imposé par le froid du dehors, l’impossibilité de se mouvoir hors des murs, que l’on pense à notre état de ‘être pensant’, et surtout de ‘être souffrant’…

    Toutes ces pensées, ces espoirs, ces élans vers autre chose que l’alimentaire…

    Pas facile à traduire en mots, mais vous avez dans ce poème donné le sens, la direction que l’esprit emprunte lors de cette méditation…

    Au-delà de la musique des mots, évidemment belle, il y a un fond délicat, et essentiel..

    Bravo…et merci pour cette introspection ou la pudeur se mêle à la rage de n’être pas toujours les êtres ‘humains’ que nous devrions. L’animal est coriace…

  6. Éclaircie dit :

    Yokshares, je suis heureuse de vous retrouver ici, d’autant plus que toujours vous soignez vos commentaires, alors grand merci pour celui-ci, qui développe très justement le thème du poème.

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