Les yeux dans l’aquarium en escalier

Mes cils s’entrechoquent au bal des paupières

Des sources naissent pour pleurer

Elles se couchent à tes pieds

Mais l’escalier descend

.

Les bouches du métro ont rétréci

Juste un petit mètre carré

Avec une échelle de meunier

Pas facile avec la neige

.

Mon plomb dans l’aile me gêne

Je tourne en rond point

Que fout mon ange jardin

Encore en R.T.T. comme hier

.

Je craque mon dernier sourire

Mais tu t’en branles bas de soie

Comme de ma dernière chemise

À carreaux rayés de solitude

.

Sur l’autel du petit déjeuner

Les tartines agacent les oreilles des tasses

Qui rêvent de se briser pour devenir

Les perles enfouies dans les écrins

Des femmes peureuses de perdre leurs bijoux

Elles mangent à peine une miette de conversation

Et resserrent leur corset pour se pâmer au dessert

Du prochain dîner qu’elles offrent

Pour le départ des chérubins allongés dans les sous-tasses

Lassés de regarder le ciel et de ne voir que l’auréole brune

Des buveurs malhabiles qui les assomment

De leur discours et des cendres de leur cigare

.

Une langue de bœuf posée sur la tête

Laissait glisser de longues voyelles à travers son anneau

La voisine se mit à crier : c’est automatique

Elle n’avait rien compris

Du haut de ses sabots de paille

Elle se persuadait de voir la mer les dauphins les étoiles

Seule la langue de bœuf savait ce qu’il y avait à voir

Au dessus des vitres lisses du grand aquarium

Une simple tour Eiffel en pur métal doré

Le tout posé sur un meuble en merisier massif

Juste en dessous des rêves les plus fous

.

On chercherait sur un visage

En vain les yeux  Ces yeux voyagent

Loin des arcades sourcilières

Sur un mur où grimpe le lierre

Puis sur des vitres fréquentées

Par des insectes domestiques

Qui s’y disputent tout l’été

Quoique tous soient apolitiques

Plus haut les yeux le long du toit

Se heurtent au chat de gouttière

D’un coup vif de patte il les broie

Comme il fait des coléoptères

Qui dans ses quartiers s’aventurent

Il expédie  C’est sa nature

.

par ordre alphabétique : Éclaircie, Élisa-R, Héliomel, 4Z2A84

5 réponses sur “Les yeux dans l’aquarium en escalier”

  1. phoenixs dit :

    Pour ce soir je reste sur celui-là :

    « Mes cils s’entrechoquent au bal des paupières »

    Sinon toujours bien ces  » petites mains » actives

  2. Éclaircie dit :

    J’ai voyagé avec vous du plus profond métro jusqu’au toit du chat de gouttière, en passant par l’aquarium à peine illuminé par cette tour Eiffel, dans un monde peuplé de ces yeux curieux pour retourner dans une tasse précieuse, solitaire et souriante.
    Ces voyages font tourner la tête, donnent ce vertige léger qui, lorsqu’il s’arrête fait dire…: encore !

  3. Heliomel dit :

    Dans leurs robes de pierre, les aracades sont sourcilleuses, les oeils de boeuf reluquent leurs sous tifs

  4. Elisa-R dit :

    Visage, tête, bouche, cils…tout y est ! Plaisir du vendredi intact. Plus que ça même…

  5. 4Z2A84 dit :

    Beau comme un presse-purée toisant une clepsydre.

Répondre à phoenixs Annuler la réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.