sans titre…

L’inattendu d’un rêve

moussu comme pierre.

 ..

En nos ravins et gravats

en nos lisières floues

la voix jaillissait

et berçante      dominait.

.

Elle était conteuse de brumes

fragments maternels

forêts où le songe nous possédait.

.

Nuit divisée

fil d’Ariane en vain dévidé,

on fléchit sans prendre garde

on cherche d’obscures cavités

pour se cacher pour se terrer…

.

Nous sommes soudain hors de

excentrés destitués absents

sans regrets tels des insectes évidés

un  jour de pierre humide

un jour d’enfance éteinte.

8 réponses sur “sans titre…”

  1. Éclaircie dit :

    Un voyage au cœur de l’enfance, douillette dans un écrin très solide, et c’est un rêve qui nous y ramène, alors que la parole ou son absence nous a entraînés ailleurs.
    «  »Nous sommes soudain hors de » », j’ai trouvé étrange ce vers.

  2. dusha dit :

    « Nous sommes soudain hors de « , j’ai trouvé étrange ce vers. »

    C’est fait pour, Eclaircie ! *rire*
    Merci d’avoir lu.

  3. Elisa-R dit :

    J’ai commencé la lecture par la dernière strophe, pour remonter doucement vers la première. Ensuite, moins inquiète, peut-être, j’ai glissé de la première à la dernière, sur la « pierre humide »…Il m’a fallu beaucoup de ces glissades pour oser rompre le charme de vos mots par les miens.

  4. dusha dit :

    Merci Elisa.
    Je crains toujours que mes textes ne soient pas acceptés quand je me heurte au silence des lecteurs éventuels…

    Le partage est toujours un risque mais que vaut un texte qui n’est pas partagé ?
    Et celui qui n’est pas accepté ? Moins encore que le premier…

  5. 4Z2A84 dit :

    Je ne crois pas que nous soyons jamais sans regrets. D’autant plus que l’on peut considérer la vie comme une suite d’échecs, de projets non réalisés (ou réalisés autrement, pas aussi merveilleusement que nous le souhaitions dans nos rêves d’enfance puis d’adolescence). Mais nous connaissons des instants pendant lesquels notre conscience se tait, nous échappe…alors nous sommes pareils à des insectes…évidés ?

  6. dusha dit :

    On peut aussi considérer la vie comme une suite de réussites même minimes…

    « Mais nous connaissons des instants pendant lesquels notre conscience se tait, nous échappe…alors nous sommes pareils à des insectes…évidés ? »

    Oui, c’est cela… Evidés de tout le fatras que nous traînons malgré nous.

  7. dusha dit :

    Evidés pour peu de temps, un instant sans doute…

  8. Air-pur dit :

    Les regrets viennent de ce qu’il est très difficile de vivre au présent: on espère l’avenir, toujours plus ou moins décevant et le passé n’est jamais ce qu’il aurait dû être…
    Ô combien piètres nous sommes!

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