Le fanal s’effaçait

Comme un soleil déchu, le fanal s’effaçait

Laissant la place aux ombres que la mer enlaçait

J’ai vu le grand navire essuyer l’océan

Les abîmes s’ouvraient accueillant ce géant

.

J’ai survécu pourtant couché sur une planche

Buvant de l’eau  salée pour que ma soif s’étanche

Je  respirai les îles avant que de les voir

Car les arbres mouillés formaient un encensoir

Des volutes de thym, effluves de garrigue

Prophétisaient la côte formant comme une ligue

Où mes sens apaisés semblaient trouver secours

Je me sentis léger oublieux du parcours

 .

La forme tourmentée d’une calanque voisine

Forteresse élancée de couleur  grenadine

Rappelait par son port l’éclat de ce château

Qui vit partir un jour mon séduisant bateau

 .

L’écume servait de lit au rocher silencieux

Qui brillait calme et pur sur le flot harmonieux

Comme l’horizon mourait, le sable m’accueillit

Et je sus que j’avais découvert mon pays

5 réponses sur “Le fanal s’effaçait”

  1. Éclaircie dit :

    Des voyages qui peuvent sembler incertains mais qui mènent où l’on est. Ravie de lire cette évocation océane, ce matin.

  2. Air-pur dit :

    J’ai pensé aux calanques…

  3. 4Z2A84 dit :

    Jolie quête d’un lieu idéal dans le sillage d’un bateau ivre. J’aime entre autres que l’on y « respire les îles avant de les voir » et « ces arbres mouillés formant un encensoir ». Souffle le vent du large. Se dilatent les poumons de la mer dans ce poème inspiré.

  4. Heliomel dit :

    C’est un simple souvenir de Corse. Le bateau qui fait la traversée était parti le soir, et au petit matin on sentait effectivement l’odeur du maquis avant que de le voir.

  5. 4Z2A84 dit :

    La poésie transcende. C.Q.F.D.

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