Pour vous mettre en appétit

 

Pour vous mettre en appétit

Quand vous n’avez pas faim

Ne vous croyez pas obligé de manger votre voisine

Ni de tondre le gazon sur Mars

Pendant que les martiens jouent à saute-mouton dans votre salon

Un salon Louis XIV acheté les doigts de pied en éventail

Pour la modique somme de soixante pompes

Et d’un verre à dents certifié d’origine

Si vous préférez le mercredi au chancre mou

Votre psy dissimulera une perceuse électrique

Parmi les cigarettes offertes par le groom

Aux passagers de l’ascenseur que l’on farcit avec des marrons

Pour alléger la dinde

Celle qui se tient depuis deux ans sur une seule patte

Je l’ai rencontrée ce matin

Entre mon petit déjeuner et un iceberg désinvolte

Il pleuvait au compte-gouttes dans les foyers

Même ceux qui préfèrent marcher sur leur langue

Que sur la rougeole en pots

Refusaient de lire le journal

Alors on y ajoutait du poivre

Et toutes les chaises debout sur le seuil saluaient l’arrivée

Du chaland tiré à quatre épingles

Et de sa copine la cabine immunisée

Contre l’attaque en soirée du soliveau

Chacun se souvient de son sourire

Quand il opérait en caleçon le long de la gouttière

Dont l’éloquence fusait avec force lueurs

C’est ainsi que parfois nos regards se rechargent

En minerai pour le bien du coulis

Et dans une optique intéressée je l’avoue et vous aussi

Quoique l’ébullition ne soit qu’une étape

Sur le chemin qui se trompe toujours d’itinéraire

7 replies on “Pour vous mettre en appétit”

  1. Elisa-R dit :

    Quelques plumes volent encore, dans l’ascenseur, même si on n’y trouve ni chat ni faux. Les escaliers ne sont pas plus rassurants : le psychiatre y danse quelques pas de tchatchatcha, un chou dans chaque oreille. Mise en appétit tout de même, j’escaladerai les mots du poème qui sont autant de ressorts et me permettront de conserver tête et cou en parfait état.

  2. Éclaircie dit :

    Je vous croise toujours dans ces « chemins qui se trompent d’itinéraire » à la recherche du poivre qui fait éternuer les moutons du salon et donnent à toutes les têtes qui se tournent vers le sud cet air martien qui leur va si bien.
    Et il faudra repartir à dos d’ours, blanc bien sûr, pour aller déjeuner en bonne compagnie.
    Je sais pourquoi j’ai toujours faim…

  3. Éclaircie dit :

    Notre avantage, c’est que la faim revient régulièrement. Cependant le menu est important pour apprécier un repas. Ici des entrées aux desserts, la carte est épatante et réserve bien du plaisir. Les gourmands, gourmets, ogres ou oiseaux trouveront de quoi se repaître.

  4. Heliomel dit :

    Le petit déjeuner, à force de courir, deviendra grand, alors il se tournera vers les diners, ces ainés orgueilleux qui portent des entrées en guise de livrée, se noient dans le Saint-Estèphe et finissent au salon enrobés de fumées.

  5. Aquae Sidonie dit :

    Aaaaaaaaah que j’aime, très beaucoup, ces joyeuseries sémantiques ! La lecture est jubilatoire parce qu’on s’attend à tout, mais on est emmené toujours ailleurs ! Un texte métagoûtu.
    « C’est ainsi que parfois nos regards se rechargent
    En minerai pour le bien du coulis » Trois toques ici !

  6. Orgue-rouge dit :

    Il faudrait me donner la marque de votre shaker.
    Le cocktail qui en ressort est savoureux.

  7. phoenixs dit :

    De l’humour, de l’humour, nécessaire décalage dans nos escaliers trop raides 😉

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