Comme un vol de poissons

Nourrissez-vous sans compter d’énergie solaire

Belles feuilles de mon parc aérien velours et strass

D’où j’aperçois les eaux lentes du fleuve

Qui voudrait courir mais que la pente trop faible dompte

Ses muscles jouent ses os s’adaptent

Sous un autre nom il empêcha la montagne de dormir

Et je me retournai sur mon lit d’herbe

Creusant sous moi des tombes

Dans lesquelles respirer à pleins poumons

Eût été considéré comme un manque de savoir vivre

Par les oiseaux

Et les autres coquins qui se suspendent aux branches

De sa position assise

Elle tire toute la hauteur de son rang

Les animaux la jalousent de rouler si vite

Même les poissons volants n’atteignent jamais le vent

Qui parcourt son échine et la pousse en avant

Lorsque le carrelage dessine les arabesques du serpent

Toujours elle se faufile à travers les bâtiments

Se cachant à l’ombre de la lune pour attraper le temps

Et vous surprendre dans vos délits de fuite

A moins que ce soit elle qui souhaite se fondre à l’océan

Tandis que la harpe égrène les notes d’un chant

Qui tournerait comme roue de printemps

Des montagnes bleues ont poussé au bout de l’horizon

Quelques silhouettes d’arbres se tiennent immobiles

Elles contemplent le paysage au delà du regard

Des passants insouciants traversent le fleuve

Au nez du grand navire qui emporte  tout au loin

Un oiseau silencieux coupe la page en deux parties identiques

Et les cartes postales se décorent de lumière et de nuit

De petits personnages allument les fenêtres joyeuses

La neige habille le sombre de clair velours

Dans la grosse boule de verre posée sur la cheminée

Il était saugrenu

À bayer aux corneilles

Elle était habillée

À pâlir les étoiles

Ils se sont rencontrés

Lui ne disait rien

Ils se sont regardés

Elle souriait à peine

Pour éviter les courants d’air

Ils ont voyagé en s’engouffrant

Vers le cœur de la Terre

Lave fertile et pourpre

Il lui offrit un perce-neige

Elle, un pyjama en accordéon

Qu’il ne porta jamais

De crainte de l’user

Ont participé :

4Z2A84

Eclaircie

Elisa-R

Heliomel

10 replies on “Comme un vol de poissons”

  1. Éclaircie dit :

    Un air léger pour accompagner ce poisson dans son vol !
    merci nous tous!

  2. 4Z2A84 dit :

    Oui, merci – pour cette succession à couper le souffle d’images et de situations hors du commun. On est emporté comme par un fleuve dont les freins auraient lâché.

  3. Éclaircie dit :

    Nous avons écrit là, une bien belle histoire d’amour, et d’amour de la vie, de la poésie, je nous souhaite longue vie ! Notre inventivité toujours alerte, et le flot d’images que rien n’endigue.

  4. Éclaircie dit :

    Un tit mot pour Téquila : si tu fais lire nos oeuvres à ton fournisseur, crois-tu qu’il te connecteras plus vite ? je le voudrais, parle-lui en……

  5. Éclaircie dit :

    qu’il te connectera (sans S , scuse)

  6. Elisa-R dit :

    Sidérant…Sidéral ? Minéral ? Cheval. Oui, celui qui était en dehors de l’objectif.
    Les nuages reflètent parfois les pensées qui flottent à la surface du cerveau.

    Téquila est habillée en princesse et son fournisseur lui demande une histoire chaque soir. Pas de danger pour sa jolie petite tête : elle déborde d’images et de mots…

  7. Heliomel dit :

    Le vendredi est désormais mon jour préféré! Téquila, reviens-vite…
    Tu manques à notre main

  8. phoenixs dit :

    Ils ont voyagé en s’engouffrant

    « Vers le cœur de la Terre

    Lave fertile et pourpre

    Il lui offrit un perce-neige

    Elle, un pyjama en accordéon

    Qu’il ne porta jamais

    De crainte de l’user »

    Quelques pirouettes et la magie s’installe.

  9. 4Z2A84 dit :

    Phoenixs,
    On aimerait aussi que tu nous régales à ton tour de pirouettes ! Plus on est de fous…Bref, publie davantage sur Poésie Fertile.

  10. Aquae Sidonie dit :

    Ce texte est plus qu’intéressant parce qu’il regorge de mouvements furtifs, longs, évaporés, immobiles -vui !-, coulissants, des mouvements insaisissables dans la première partie, et puis, l’instant est saisi par les deux personnages, qui dérobent le temps, un vol pour un en-vol. Toujours interpelant, je me régale !

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