Lire écouter

Lire écouter

.

On ne devrait lire le monde

Qu’avec des yeux d’enfant  Le nom

Des rivières reste caché

Mais leur chant s’entend à la ronde

Et les sources sortent de l’ombre

Pour leur apprendre à composer

.

On saute d’une étoile à l’autre

Comme une puce versatile

Dans chaque port un nouvel hôte

Nous reçoit comme un projectile

Et nous offre table et couvert

Quoi que nous fassions de travers

.

L’espace a-t-il une frontière

Le rêve se heurte au plafond

Chez un esprit trop terre à terre

Mais à ceux qui font le plongeon

Dans l’abîme d’en haut le ciel

Prédit mieux qu’un vol de pigeon

.

Quand même nous retrouverions

Après avoir gravi les marches

D’un escalier monumental

Nos sabots et notre horizon

Nous aurions franchi assez d’arches

Pour déboussoler la raison

.

Qu’à nos pieds coule le ruisseau

Qu’au-dessus de nous le nuage

Avance ou cache son museau

Nous l’acceptons comme un hommage

Rendu aux poètes soucieux

De correspondre avec les cieux

.

D’où vient la voix qui nous invite

A l’écouter parler de tout

Et de rien sans la moindre suite

Dans les idées  Chacun secoue

La tête approuvant son discours

Que déjà le vent se récite

.

6 replies on “Lire écouter”

  1. phoenixs dit :

    J’aime beaucoup cette lecture.

  2. Orgue-rouge dit :

    Et vous en parlez très bien de ce « murmure », de cette levure qui en enfle le monde.
    Car nous avons faim.(Ceux que la poésie gonfle ne mange rien).
    Il y a aussi dans ce texte quelques accents graves et des points d’interrogation.
    Je rapproche aussi votre poème de votre travail sur Reverdy.
    Voilà, c’est beau et c’est dit.

  3. Orgue-rouge dit :

    … de cette levure qui enfle le monde….
    … Ceux que la poésie gonfle ne mangent rien…

    Gloups!!

  4. Éclaircie dit :

    Un poème un peu inhabituel, mais y a-t-il des habitudes avec 4z ? non ! bien sûr !
    La poésie …à la portée des enfants (quelque soit leur âge). L’élégance des images alliée à la limpidité du propos.

  5. Elisa-R dit :

    Ce poème, je l’ai écouté , comme on écoute une histoire, assise sous un arbre. Il a quelque chose de paisible, d’apaisant.

  6. Aquae Sidonie dit :

    La petite voix d’un conte sans doute, futile mais essentiel.
    « Dans l’abîme d’en haut le ciel » J’aurais bien voulu l’écrire tiens !

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