Silence

Silence

Hier à l’heure la plus silencieuse le sol m’a manqué : le rêve commença. L’aiguille s’avançait, l’horloge de ma vie respirait, jamais je n’ai entendu un tel silence autour de moi : en sorte que mon cœur s’en effrayait […] 

F. NIETZSCHE : « Ainsi parlait Zarathoustra »

.

.

On n’y résiste pas.

On craint son départ

son absence.

..

On est aux aguets

le bruit des autres n’atteint plus,

la voix des autres ne porte plus.

 .

Chambre close sur les pensées

ou rue désertée

espace boisé ou infini marin

matin triomphant ou soir ultime,

ni le temps ni le lieu n’ont d’importance.

On est au-delà du quotidien  

à l’écoute.

 .

 Il se lève alors en nous

il se déploie          il enveloppe

il domine.

Nous sommes le berger et la brebis

le passant et l’enraciné

le mot et son ombre.

 ..

Lui, par vagues nous submerge

il est l’harmonie intime

l’oasis qui  accueille

la frontière qui protège

le tout profond imposant.

 .

Il est le secret             l’essentiel

le rien que pour soi

la musique intime

du cœur           des artères

de la mémoire…

8 réponses sur “Silence”

  1. Dusha dit :

    C’est un « vieux » texte (2005 ?) que je publie en écho à celui d’Air-pur…

  2. Air-pur dit :

    Description très fine de ce que peut nous apporter le silence. C’est probablement pour ça qu’il est banni de la plupart des lieux sociaux (radio, télé, rues, etc…): surtout ne pas écouter le bruit-en-soi.
    Merci pour cet échange.

  3. 4Z2A84 dit :

    Nous sommes à la fois TOUT et très peu de chose, sinon rien ou presque rien. Entre les deux nous naviguons. La métaphysique et la poésie font parfois bon ménage : c’est ici le cas. Mais ce bruyant silence ne risque-t-il pas de se tarir ?

  4. 4Z2A84 dit :

    A propos de Nietzsche :
    « …Etait-il poète ou philosophe ? Les poètes l’appellent philosophe, les philosophes le renvoient aux poètes… » Maxime Alexandre.

  5. Éclaircie dit :

    La préambule me renvoie à mes peurs et mes fascinations pour les livres, dont les titres, les noms d’auteurs m’attiraient sans que je les ouvre jamais.
    Ce poème n’a pas pris une ride et suggère très bien les bienfaits que l’on peut tirer du silence (comme de toute autre situation, d’ailleurs, le mot du poète peut TOUT rendre poétique)
    Belle idée que de suivre sur un thème, après une lecture ici.
    Merci à tous.

  6. dusha dit :

    Merci à vous trois !

    Mes matinées se passent dans la solitude en général (sauf quand je fais des courses et alors les musiques des magasins m’ennuient beaucoup…) et les fins de journées, je vis en société ou en duo.. Un équilibre qui m’est nécessai…

    4Z… J’aime beaucoup la pensée de Maxime Alexandre, car elle rejoint mon impression : j’ai lu Nietzsche surtout dans la fébrilité de la jeunesse. J’ai quasi tout lu de lui… J’aimais la philosophie, la poésie (c’est toujours d’actualité) mais Nietzsche me semblait inclassable…

    Eclaircie, ma passion pour cet auteur est devenue tiède. Il fut un temps où… mais on change, certaines de ses paraboles me font sourire parfois.

  7. dusha dit :

    hum… Mon 1er commentaire s’adressait à Air-Pur…
    et je vous prie de lire « nécesssaire »

  8. Elisa-R dit :

    Joli poème qui renvoie chacun à sa perception du silence…

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