Les tendres ébats.

J’étrangle des sanglots dans ma bouche fermée,
Je crie des mots muets à ton oreille close,
Et quand j’ouvre les yeux dans cette nuit morose,
Je ne vois rien, bien sûr, comme à l’accoutumée.

Quelque chose est cassé, ou parti en fumée.
L’irrésistible usure du temps qui impose
Le sceau de nos destins frêles comme une rose,
M’a fait croire en la vie, perdue sitôt nommée.

Combien de temps alors faudra-t-il espérer
Te voir ouvrir la porte et oser y entrer,
Et sentir contre moi la chaleur de ton ventre?

Retrouver la jeunesse en de tendres ébats
Vaut mieux que s’enterrer en triste célibat
Et précéder la mort qui t’aspire en son antre.

8 réponses sur “Les tendres ébats.”

  1. Elisa-R dit :

    Etiquettes : amour,jeunesse éternelle, nuit, tendresse, détresse, amour…
    Joli comme un sonnet sur les ailes de l’hiver.

  2. Éclaircie dit :

    Le fond est plus fort que la forme pour ce sonnet , à mon avis. C’est-à-dire que le propos est intense de réflexion sur le temps, l’amour et le rapport à l’autre, mais que peu sensible à la poésie classique, ou trop exigeante, au contraire, la forme est pour moi moins mise en valeur.

  3. Frangine dit :

    Aimer encore un peu, c’est vivre encore un peu. Ce beau poème doit résonner fort chez les personnes d’un certain âge (dont je fais partie) Je le trouve émouvant.
    L’amour sert à donner la vie, il nous soutient toute une vie, et son rôle final – retenir la vie, faire en sorte qu’on se sente le plus longtemps possible en vie – est des plus louables.
    J’aime beaucoup la première strophe.

  4. Air-pur dit :

    Oui, Elisa, quand l’hiver pointe son nez dans l’amour…

    Eclaircie, tu as bien senti que je ne suis pas tout à fait à l’aise dans la forme sonnet, mais j’essaye encore et encore.

    Frangine, le premier quatrain est venu tout seul, la suite a été plus dure à accoucher.

  5. Frangine dit :

    Je suis venue relire ce sonnet, Air-Pur, car je n’ai encore jamais osé en produire, bien que j’aie potassé le sujet. Les contraintes me font peur.
    Pour la forme, je ne trouve pas beaucoup de défauts au tien :
    – deux hiatus (ils sont paraît-il rédhibitoires) au 2e vers, »muets à ton » (é-a) et au 10e vers, « porte et oser » (é-o)
    – la césure est bonne, sur un son dur et après la 6e syllabe, ce qui donne une parfaite cadence à la lecture, toutefois, « L’irrésistible usure du temps qui impose » me paraît moins bien cadencé, une broutille
    – la deuxième strophe me pose un problème de compréhension. Je ne sais trop comment je l’aurais libellée, mais cette phrase  » L’irrésistible… » ne me paraît pas bien construite et pourrait être retravaillée.
    Tout le reste du sonnet est excellent.

  6. Air-pur dit :

    « mu/è/za/ton » me semble-t-il…

    Pour le reste, je te l’accorde.
    Merci de t’être penchée avec tant de soin sur ce texte.

    Bonne soirée.

  7. Éclaircie dit :

    Concernant les mots clés….

    Je propose de ne mettre en mot clé, que le genre de poésie offerte, par la forme, mais pas le fond, comme
    sonnet
    nouvelles
    tanka
    haïku
    ballade
    .

    ….
    etc

    .
    et
    « n’importe quoi » ….juste pour moi ces mots…….. !!!!!

    et

    d’effacer, si vous le pouvez ceux que vous avez mis qui n’entrent pas dans les catégories citées.
    (bigre ! dur pour moi de mettre des choses dans des cases, m’en croyais pas capable…..)

    (j’ai posté ça dans la boite à malice, à réfléchir, juste une proposition)

  8. josy dit :

    c est beau
    c est tout

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.