ZEE 2024

Ah s’il pleuvait des sardines s’il en pleuvait des tonnes

Les nuits seraient moins longues les jours languiraient

La loi de l’attraction électrostatique serait votée

Et les édulcorants faciliteraient la mise en bière

Mais rien ni personne ne répond à nos souhaits

Le téléphone s’use comme un savon entre les doigts

On s’enfonce dans des murs dont le beurre rancit

Parlez-moi de mon cortex pour que je m’en souvienne

Ah s’il pleuvait des perroquets s’il en pleuvait des tonnes

Nous échangerions nos parapluies contre des préaux

Et si toutes les tuiles de ces préaux se désajustaient

Nos voisins nous ouvriraient leurs portes et leurs bras

Ainsi nous pourrions enfin dormir

Sur une vaste poitrine

Ah s’il pleuvait de la chapelure en veux-tu en voilà

Juste avant l’ouverture de l’oeil rond

Se referme l’échelle à trois branches posée sur le guéridon

Les grenouilles inquiètes ont cessé leurs pépiements

Et l’éphèbe sur sa branche s’insurge contre le blanchiment

 Aucun dimanche pourtant dans les filets à poissons

Aucun poisson dans les filets de provisions

Rien à part ces sinistres guenilles découpées dans des carrés de soie

 Rien sauf cet oeil rougi un vieux chien et ce concert d’oies

 Et les rêves s’envolent alourdis de sommeil

 C’est hier qui s’endort quand demain se réveille

Ô nobles épouvantails combattant les timbales

 Ouvrez donc nos paupières et chassez les crotales

 Quelques coups ont sonné au manoir du village

Les lumières s’éloignent des cauchemars trop sages

La chouette ulule encore

Sur le fil électrique

De ses nuits blanches en sol stérile

Pourtant le phare loin de l’océan humain

 A présenté sa tête comme un enfant à naître

Et si les chants ne se rejoignent

Ne croyez pas que le courant entraîne la nue déchirée

Il est une terre rare présentant le métal

Pour qu’enclumes et marteaux soient jaloux

 Et cessent de prendre les cerveaux dans cet effroyable étau

On entend alors au loin des gazouillis

Dont on ne sait s’ils sont d’un bébé d’un arbre ou de la Lune même

Concocté par Eclaircie, 4Z et Elisa

9 réponses sur “ZEE 2024”

  1. Elisa-R dit :

    Les espaces ont disparu…

  2. Éclaircie dit :

    je sais comment les remettre, mais crois-tu que ce soit nécessaire?
    Il est 19.32h, trois contes de fée me sont tombés sur la tête, alors je passe là, voir si tout est calme et tranquille, et je suis aspirée par l’avenir ? peut-être pas, par un monde parallèle, comme une histoire, le soir, pour bercer les enfants.
    Je vais dormir, demain je vous dis mon rêve.

    Merci à vous deux d’être autour de moi au moment d’écrire. (le vous deux doit être interchangeable et le moi aussi, non? )

  3. Elisa-R dit :

    Non, pas focément nécessaire. Je pense que j’avais envie, même si je ne l’ai pas fait volontairement, de ne pas les séparer.
    Oui pour la dernière question.

  4. Air-pur dit :

    Il pleut aussi des contes de fée, des hallebardes et des bravos.

  5. Elisa-R dit :

    Où est 4Z ?
    Où est Téquila?
    Héliomel bronze t-il ?
    Air-pur, chevalier, vient-il à cheval ?
    Bise à Eclaircie
    J’aime le vendredi.

  6. 4Z2A84 dit :

    Un poème extraordinaire. Encore une fois je suis frappé par les références au monde animal. En effet, s’y succèdent : des sardines, des perroquets, des oies, un crotale et une chouette. Je soupçone les trois auteurs de se livrer peu ou prou (plus prou que peu) à cet exercice qui consiste à écrire sous la dictée de son subconscient. Il ne faut alors s’étonner de rien car le résultat est en tout étonnant, pour ne pas dire détonnant. Je ne citerai qu’une ahurissante image :
    « Le phare loin de l’océan humain
    A présenté sa tête comme un enfant à naître ».
    Nous voilà à des kilomètres de toute convention…et c’est admirable !

  7. Aquae Sidonie dit :

    ZEE, cette lecture m’a rendue stupéfaite ! « Quelques coups ont sonné au manoir du village » cette phrase aurait mérité, je pense, une mise en exergue, une répétition peut-être, parce qu’on est en apnée autour d’un chaudron de sorciers : les tables vibrent et une jungle de crépuscules matinaux envahit l’exorcisme. J’ai aussi aimé la fin, qui finit, certes, mais qui ouvre aussi, sur un an de grâce païen.

  8. Éclaircie dit :

    C’est un choix de ne rien mettre en exergue et pas fatalement conscient pour tous.
    Puisque tu as eu les conditions de ces PPV, tu sais que nous faisons à part chacun, un texte commun, alors tout est possible, même l’impossible, mais jamais ou si peu le prémédité.

  9. 4Z2A84 dit :

    « Quand il fut de l’autre côté du pont, les fantômes vinrent à sa rencontre. »
    (Intertitre dans « Nosferatu le Vampire », film muet de Murnau, 1922).

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