Moite-moite

.

Lointains

sur la brise des goûts

drapés dans la danse de Lautrec

S’envoler

dernier grand sou d’anis

au fond du porte-à-faux

Moitié colibri

.

Lointains

vibrant d’euphorie

en octave sucre-diamant

S’entêter

petite fougue cariatide

filtrée d’air blanc

Moitié capitule

.

Les eaux cognes s’affolent

S’y rendre et s’y donner

jusqu’à n’en plus finir, enfin,

d’une aussi longue absinthe.

Aquae Sidonie

.

5 replies on “Moite-moite”

  1. 4Z2A84 dit :

    Un poème qui ressemble à un tableau. Mais non pas à une toile le Lautrec. Plutôt à une oeuvre cubiste, de Braque par exemple. Y apparaissent dans un désordre ordonné des éléments qui accrochent l’oeil et l’invitent à les survoler sinon à en saisir l’ombre ou le mouvement. Un apéritif à ne pas manquer.

  2. Aquae Sidonie dit :

    Lautrec avait inventé un cocktail qui s’appelait « le tremblement de terre », moitié cognac, moitié absinthe, et il était le seul à pouvoir le boire parait-il ! C’est parti de là. « Désordre ordonné » un oxymore parfaitement appliqué à ce texte, où j’ai essayé de construire deux ivresses.

  3. Frangine dit :

    Je suppose que le titre est « moitié-moitié » et non moite-moite ?
    S’il faut parler peinture, la dernière strophe évoque pour moi « L’absinthe » de Degas, naturellement. Je crois bien ressentir l’atmosphère que tu as souhaitée ici.
    Pour la forme, je reste perplexe. Des associations de mots me gênent un peu, comme « fougue cariatide », deux noms côte à côte (ni l’un ni l’autre étant un adjectif) et « Les eaux cognes s’affolent ».S’il s’agit du verbe cogner, il doit être conjugué et donner « cognent », « les eaux cognent et s’affolent » peut alors se concevoir. Si non, les cognes, ce sont les gendarmes, chez Brassens…(rires) et je vois mal ce qu’ils viendraient faire dans ce poème.
    J’ajoute que colibri et capitule ont des sonorités qui me plaisent, mais je ne vois pas, au niveau sens, ce qu’ils apportent, là où ils sont placés. Images sans doute qui te sont personnelles mais suggérées d’une façon trop hermétique pour être partagées.

  4. Aquae Sidonie dit :

    Oui, j’ai bien conscience de la forme dont tu parles, ce ne sont pas des erreurs, mais des distorsions qui s’imposent à mon oreille, surtout, et au fond du texte, la dernière strophe, par exemple, est hexasyllabique, elle devait couler comme un assoiffé boirait de l’eau, avec ce mot « enfin » mis en exergue pour accentuer cette idée de soulagement. Colibri et capitule de fleur se rejoignent au bar. Les autres mots suggèrent effectivement, je les ai dégraissé de tout contexte pour les rendre plus légers. J’aurais pu aussi les liquorer (sourire) « petite fougue cariatide », parce que ça me plaisait, tel quel, comme une évidence, un feu-follet de soutènement. Ah y m’font bosser ici !! (un peu tristoune le Degas)

  5. Elisa-R dit :

    Je dois avouer que j’ai beaucoup apprécié ce poème, j’ai tendance à trouver ces « distorsions » charmantes.

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