A dess(e)in-Untell

Je trace une ligne

c’est périlleux délicat
car la nuit bouge
est partout chez elle
plus intense encore
posée sur une surface blanche
elle est dure et elle dure
elle fait bloc
pèse sur les contours
presse le halo de lueur
et veut se refermer
comme on garde un secret
comme si de rien n’était.

Il y a les couleurs aussi
d’où surgissent les paillettes
les ombres de l’abstraction
d’où part le chemin défriché
balisé des illusions
je me méfie des croyances
des histoires qu’inventent l’oeil.

Ah si je connaissais le Verbe taillé
duquel jaillit la lumière
si je découvrais le squelette
sur lequel s’appuie l’humanité!

Et qu’un ciel bleu sans nuages
jamais ne m’égare
il faut réduire l’espace
sinon à une tête d’épingle
du moins au cadran d’une fenêtre
qu’il s’y inscrive en heure donnée
ô qu’il touche quelque bord
lèche quelque rive
qu’il puisse être accroché aux murs
d’un musée d’un salon
tenir dans le fond d’une poche
sous le mouchoir.

.

Plus tard
je tracerai une courbe
pour me détendre
me reposer.

Untell

4 replies on “A dess(e)in-Untell”

  1. éclaircie dit :

    J’inaugure, les autres sont trop timides pour passer avant moi.non je plaisante, excusez moi.
    Je trouve ce poème très bien réalisé , ce fil qui nous conduit jusqu’à dessiner ce hamac, ce havre.
    Merci d’avoir accepté de figurer ici.

  2. Yokshares dit :

    Je bavarde avec Untell hier au Majestic, et le retrouve ici…jolie surprise..Merci, Eclaircie…Vous avez l’art du lien…

    Untell a l’esprit bondissant..pas facile de le suivre…mais quel périple avec lui, il nous prend la main pour tracer cette ligne..et il nous met en garde contre l’illusion :
    … »
    je me méfie des croyances
    des histoires qu’inventent l’oeil.
    « …

    Et ce souhait de réduire l’espace, pour ne plus s’y perdre…résolument anti-conformiste…Nous parlons de liberté, mais vous, Untell, préférez des limites clairement définies…
    courageux.

  3. 4Z2A84 dit :

    « Il faut réduire l’espace
    ……
    …… au cadran d’une fenêtre  »
    Un curieux poème qu’une fois lu…on a envie de relire.

  4. Aquae Sidonie dit :

    Ce texte m’a emmené dans le cosmos, bizarrement, sans doute dans un trou noir car une densité retient une trajectoire, tendue. On oscille entre minima et maxima, mais dans le cadre d’une onde lumineuse. Un voyage physiquement éprouvant !

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