La roue de l’infortune (jeux concours pour la toussaint)

J’ai entendu dire qu’on allait réformer les lois sur les enterrements…

Le monopole de la mort va peut-être changer de mains. On pourra mourir en privé, en petites pompes, en Fin…

Et puisqu’on est dans les réformes, je vous propose une innovation, un nouveau jeu pour la Toussaint : « Adopter un mort ». Quand vous irez au cimetière, choisissez une tombe au hasard et rendez une petite visite surprise au défunt. Aux morts cossus, bien entretenus, préférez les tombes herbeuses et désafectionnées (les traces de pas dans l’allée doivent être parallèles à la tombe et non pas perpendiculaires).

Il est inutile de rechercher dans l’annuaire des abonnés absents ou dans le service des sujets perdus. Si les descendants ne veulent pas aller sur la tombe parce qu’ils ont rompu avec leurs trépassés, ils n’ont aucune raison de ne pas vous laisser convoler en deuxième « nonoce ». S’ils ne peuvent pas aller au cimetière, (il y a des gens qui meurent au-dessus de leurs moyens et qui deviennent vite des êtres très chers après leur disparition), dans ce cas-là, vous tombez bien, ils vous seront grès de ce que vous faites.

J’imagine des objections sur votre honneur. Un mort c’est personnel, ça ne se prête pas… Mais est-ce que vous pensez au disparu en personne dans tout ça ? Parce que si vous êtes persuadé qu’il ne se rend compte de rien, cessez donc d’aller faire des simagrées dans les cimetières ! Mais s’il se rend compte de quelque chose, avec votre tendresse, même post-âme, imaginez comme il sera aux anges.

Alors, laissez-vous tenter, que diable, adoptez un mort !

Ça consomme encore moins qu’un Somalien et surtout…

C’est pour l’éternité.

Nécropole de Glécy

4 replies on “La roue de l’infortune (jeux concours pour la toussaint)”

  1. éclaircie dit :

    un plaisir à lire et relire, pour savourer toutes les nuances de cet humour délicat (j’ai adoré la phrase entre parenthèse) . Et quelle meilleure manière que l’humour Fin pour fustiger une tradition qui le plus souvent n’est que le souci du qu’en dira-t-on ?
    (je vais vous accuser de ne pas lire mes mails…vous êtes encore en « non-classé » , tant pis pour vous, rien ne s’affichera dans cotre boite mail, lorsqu’au matin ou au soir, vos plus fidèles admirateurs viendront déposer leurs fleurs…..)

  2. Frangine dit :

    Je te sais gré de désacraliser la mort, un peu à la manière de Brassens.
    C’est un humour sain et c’est réussi.
    Un petit bémol sur  » Ça consomme encore moins qu’un Somalien « , image qui me tord un peu les tripes.

  3. éclaircie dit :

    Comme on se retrouve Frangine, sur jepoème, on trouve ce friand pamphlet mais avec une différence de mise en page, à savoir, pas de retour à la ligne pour cette fameuse phrase, et j’ai là-bas fait la remarque. Je trouve aussi que c’est une chute dans une réalité trop brusque.
    Je suis cependant ravie de relire ce texte, merci à vous deux, donc.

  4. Phoenixs dit :

    Pour ma part, je préfèrerais l’inverse, de la sorte je me familiariserais avec ma future famille 😉

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