La nuit

La nuit

Douze coups au clocher, un vent léger se lève.
Ma fenêtre, squattée pour cause d’insomnie,
est cadre improvisé pour un tableau de rêve.
La lune débonnaire sourit, épanouie,
aux ombres des statues qui doucement s’allongent.
L’eau du bassin, joueuse, ondule en friselis,
taquinant le reflet du saule échevelé.

Comme tout paraît gai, si calme et accueillant !
Seul le rire du merle me manque à cet instant.
La grenouille s’est tue déjà, au crépuscule,
mais mille petits bruits, craquements minuscules,
me disent que la vie palpite en cet endroit.

Demain le grand soleil, l’habituel vacarme,
investiront les lieux, auront droit de cité.
Je fermerai les yeux, feindrai la cécité,
espérant, de la nuit, retrouver tous les charmes.

Frangine

3 replies on “La nuit”

  1. éclaircie dit :

    Ah ! la nuit, comme je la perçois ! et puis 12 coups au clocher, et c’est déjà l’aube qui se rapproche, (voilà pour ma vision personnelle de ces heures de veille.)
    Sinon, je « chipote » , j’ai été surprise de trouver le mot « squattée » et par les rimes et/ou l’absence pour certains vers.
    Au delà, j’aime beaucoup le cheminement, tu pars de l’insomnie-plutôt notion négative- pour finir sur le charme du calme de la nuit, très positif.

  2. 4Z2A84 dit :

    Des dons d’observation, une ouïe fine, une sensibilité aiguisée pour laquelle le sourire de la lune est plus qu’une image, une tendance à l’impressionnisme : tout cela se conjugue pour donner ce très joli poème.

  3. Phoenixs dit :

    Voilà un texte non lu ailleurs, mais je cherche…

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