LES COMIQUES TRUFFIERS

Ces temps-ci, on parle de justice et d’écologie et je m’étonne que personne n’ait pensé à réunir ces deux notions. Je vais donc tenter, pour vous, de réparer cet oubli et défendrai la justice écologique.
Comme je veux rester ferme en m’appuyant sur l’étable de la loi, j’étudierai le cas précis du cochon du Père Igord. Dans le Quercy, on promène ce brave animal à la chaîne parmi d’autres pour chercher des truffes en forêt et savez-vous ce qu’on fait dès qu’il en trouve une ? On lui arrache du groin dès qu’il l’a mise à nue, comme le cœur de Baudelaire.
La tragédie ne date pas d’hier puisqu’en 1669, dans une pièce de théâtre, un grand de la littérature conspuait déjà l’hypocrisie de l’homme qui ôtait ce champignon des dents de la bête en écrivant le “Ta truffe de molaire”.
Quelle injustice ! Cet animal a un sens olfactif si développé qu’il est capable de localiser ces pépites d’or noir dans l’humus profond et c’est un vulgaire bipède, un homme mal nez, un handicapé du tarin, un sinistré des fausses nasales, un retraité de la narine qui va se goinfrer de ces perles de plaisir. La pauvre bête ainsi privée de délicatesse est renvoyée dans son lisier, condamnée à ronger son maïs… Ne pourrait-on pas, de temps en temps, donner de la confiture aux vrais cochons ? Comme disait une amie altruiste : les cochons aimeraient ça !
Quant à la réputation des truffes d’être aphrodisiaques, est-ce parce qu’elles poussent sous les chênes, parmi les glands ou est-ce parce qu’elles prennent leur pied dans une histoire cochonne ? La question reste posée. N’empêche que cette réputation me semble un peu exagérée car un soir j’en ai mangé une douzaine et deux n’ont pas fonctionné.
Alors, rendons l’amanite aux Césars, en porc dû. Qui vivra, verrat ; je ne vais pas en faire un fromage. Les porcs… salut !

Mycel de Glécy

4 replies on “LES COMIQUES TRUFFIERS”

  1. Heliomel dit :

    faute d’orthographe: « une amie altruiste » lire: « une amie altruie »
    Non, sérieusement, j’ai bien ri!

  2. 4Z2A84 dit :

    Souvent les mots sont mis à toutes les sauces, et le résultat ne convainc pas toujours. Ici la sauce prend. D’ailleurs dans le cochon tout est bon, n’en déplaise à…

  3. éclaircie dit :

    Un régal !

  4. Frangine dit :

    Je trouve marrant que, dès le titre, on comprend dans quelles eaux le texte va nager.
    Et l’on n’est pas déçu. Jeux de mots et calembours sont au rendez-vous, analogie parfaite avec l’esprit des fameux comiques troupiers qui ont tant fait rire nos grands-parents. Pastiche réussi.

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